Tintin et la fusée rouge et blanche : pourquoi était-elle en avance sur son époque ?

Illustration créée par intelligence artificielle, inspirée de l’univers de la conquête spatiale des années 1950.

Une fusée rouge et blanche, une Lune mystérieuse et un capitaine Haddock pas franchement enthousiaste à l’idée de décoller : tout le monde reconnaît cette aventure de Tintin.

Mais ce qui est étonnant, c’est que Hergé imagine ce voyage vers la Lune dès le début des années 1950, bien avant les premiers pas réels sur notre satellite.

Objectif Lune paraît en 1953, puis On a marché sur la Lune en 1954. Neil Armstrong, lui, posera le pied sur la Lune en 1969.

Hergé avait donc imaginé cette aventure environ quinze ans avant Apollo 11.

Une fusée devenue mythique

La fusée rouge et blanche est devenue l’un des objets les plus célèbres de la bande dessinée.

Elle est immense, élancée, posée sur son pas de tir et prête à partir vers l’inconnu. Son dessin est simple, mais il donne immédiatement l’impression que l’aventure est sérieuse.

Hergé ne raconte pas seulement une promenade dans l’espace. Il montre une équipe qui prépare un projet immense : des ingénieurs, des calculs, des essais, des équipements et un équipage qui doit apprendre à vivre enfermé pendant plusieurs jours.

C’est déjà très proche de ce que feront plus tard les agences spatiales.

Hergé avait beaucoup travaillé son sujet

Hergé n’était pas scientifique. Mais il voulait que son histoire reste crédible.

Il s’est documenté sur les fusées, les combinaisons spatiales, les moteurs et les conditions de vie dans l’espace.

Cela se voit dans l’histoire : avant le départ, il faut tester, vérifier, s’entraîner et recommencer. La conquête de la Lune n’est pas présentée comme de la magie, mais comme un défi technique gigantesque.

C’est sans doute cela qui rend l’album encore si passionnant aujourd’hui.

Ce qu’il avait étonnamment bien imaginé

Dans les albums, on retrouve plusieurs idées qui ressemblent à de vraies missions spatiales :

  • un équipage enfermé dans un espace réduit ;

  • des combinaisons permettant de sortir sur la Lune ;

  • l’apesanteur pendant le voyage ;

  • la nécessité d’emporter de l’oxygène ;

  • des calculs précis pour réussir le départ et le retour.

Hergé avait aussi compris une chose essentielle : aller sur la Lune ne consiste pas seulement à y arriver. Il faut surtout pouvoir revenir sur Terre.

En 1969, Apollo 11 permettra réellement à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de marcher sur la Lune, tandis que Michael Collins reste en orbite autour d’elle.

Tout n’était pas exact… et c’est normal

La fusée de Tintin est une merveille de fiction, mais elle ne fonctionne pas exactement comme les fusées réelles.

Dans l’album, elle décolle, se pose sur la Lune et repart presque comme un très grand avion vertical. Dans la vraie mission Apollo 11, plusieurs éléments étaient nécessaires : une fusée géante pour quitter la Terre, un module pour se poser sur la Lune et un autre pour repartir.

Mais peu importe : Hergé n’avait pas besoin de tout deviner.

Ce qui impressionne, c’est d’avoir imaginé avec autant de sérieux un voyage que personne n’avait encore réussi.

Une BD qui donne envie de lever les yeux

La fusée de Tintin nous rappelle que la science commence souvent par une question un peu folle :

Et si on allait sur la Lune ?

Quelques années plus tard, cette idée deviendra réalité.

C’est peut-être cela, la force de ces albums : ils montrent qu’une bande dessinée peut être drôle, pleine d’aventure, et donner envie de comprendre les sciences.

Parce que comprendre le monde, c’est apprendre à le regarder autrement.

Sources : Tintin.com — les albums lunaires d’Hergé ; NASA — Apollo 11.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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