OCTOBRE 2026 : guerres, urnes et batailles d’influence

Illustration générée avec l’aide de l’intelligence artificielle — ChatGPT, pour L’École de Gwladys.

Rédigé et vérifié le 1er novembre 2026. Période étudiée : du 1er au 31 octobre 2026.

Un navire menacé, une centrale électrique frappée, une technologie soumise à autorisation, une majorité politique bousculée : ces événements racontent différentes façons d’exercer la puissance.

En octobre, les guerres ont continué de peser sur les populations et les échanges. Les États ont cherché à sécuriser leur énergie et leurs technologies, tandis que plusieurs scrutins ont ouvert de nouvelles séquences politiques.

Voici une sélection des faits marquants du mois et des enjeux qui les relient. L’objectif : prendre du recul sur l’actualité, en distinguant les événements établis, les positions des acteurs et les évolutions encore incertaines.

MOYEN-ORIENT : PLUSIEURS CRISES, DES RÉPERCUSSIONS COMMUNES

À Gaza, octobre marque un an depuis l’annonce du cessez-le-feu. Dans son intervention du 15 octobre devant le Conseil de sécurité, le responsable onusien Ramiz Alakbarov décrit une situation extrêmement fragile : poursuite d’opérations militaires israéliennes, conditions de vie dégradées et obstacles à l’aide. Il alerte également sur les violences et la colonisation en Cisjordanie. Un cessez-le-feu annoncé ne suffit donc pas à garantir la sécurité des habitants ni à construire une issue politique. [1]

Le 15 octobre, le Conseil de sécurité condamne aussi les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, notamment celles ayant frappé l’aéroport international du roi Khaled les 10 et 11 octobre. Sa déclaration présidentielle condamne les attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. [2]

Plus à l’est, les tentatives de médiation se poursuivent autour de la guerre impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël. Reuters rapporte, le 31 octobre, des échanges entre négociateurs iraniens et médiateurs qataris à Doha. Ces contacts ne constituent pas, à cette date, un accord de paix. [3]

Ces crises ont des dynamiques distinctes, mais leurs effets peuvent se rejoindre : insécurité maritime, approvisionnements perturbés, pression sur les prix et multiplication des risques pour les populations. Le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb rappellent combien un passage géographique peut devenir un enjeu de puissance.

UKRAINE : L’HIVER, L’ÉNERGIE ET LA MER NOIRE

Le 9 octobre, devant le Conseil de sécurité, l’ONU alerte sur l’intensification des attaques contre les civils et les infrastructures ukrainiennes, notamment énergétiques. À l’approche de l’hiver, les dommages aux installations électriques donnent à la guerre une dimension supplémentaire : ils menacent les conditions de vie et la continuité des services essentiels. [4]

Réunis les 15 et 16 octobre, les dirigeants européens réaffirment leur soutien à l’Ukraine. Ils condamnent les attaques russes contre les infrastructures et la navigation commerciale en mer Noire, et demandent le rétablissement de passages sûrs pour les cargaisons céréalières. Ils soulignent aussi le rôle que l’Europe entend jouer dans un futur règlement de paix. [5]

Le 31 octobre, Marco Rubio évoque l’examen de propositions, notamment turques, visant à sécuriser les échanges en mer Noire. Il distingue lui-même l’intérêt pour un arrangement limité de la perspective d’une paix générale. [6]

L’enjeu dépasse donc le seul front terrestre. Protéger une route céréalière concerne aussi les pays importateurs. Négocier sur un point précis peut réduire certains dommages, sans résoudre l’ensemble de la guerre.

AFRIQUE : DES CRISES QUI MENACENT DE S’ÉTENDRE

Dans la Corne de l’Afrique, le mois commence par une rupture des relations diplomatiques entre l’Érythrée et l’Éthiopie. Le 1er octobre, l’Union africaine appelle l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte à la retenue et au maintien des canaux de dialogue. Le 4 octobre, elle précise que cet appel ne visait pas à attribuer une responsabilité aux États voisins. [7]

Le 9 octobre, l’Éthiopie accuse l’Érythrée d’une intervention militaire sur son territoire. Les autorités érythréennes contestent les accusations d’incursion rapportées les jours précédents. Ces versions doivent rester attribuées à leurs auteurs. L’enjeu est d’éviter que les affrontements et rivalités de cette région ne débouchent sur un conflit interétatique plus large. [8]

Au Soudan, l’alerte humanitaire s’accompagne d’un risque régional. Le 16 octobre, la responsable onusienne Rosemary DiCarlo décrit la poursuite des combats, les attaques contre les civils et les opérations humanitaires, ainsi que les dangers aux frontières. Elle appelle les soutiens extérieurs à contribuer à l’arrêt de la guerre plutôt qu’à l’alimenter. [9]

Dans l’est de la République démocratique du Congo, Reuters rapporte le 7 octobre les démarches d’une délégation de l’Union africaine auprès du mouvement rebelle AFC/M23, alors que les combats se poursuivent malgré les médiations. [10]

Ces situations illustrent une même difficulté diplomatique : obtenir un engagement, vérifier son application et protéger effectivement les habitants sont trois étapes différentes. La poursuite des discussions reste nécessaire ; leur efficacité se mesure aussi sur le terrain.

CHINE : LES TECHNOLOGIES AU CŒUR DU RAPPORT DE FORCE

Le 16 octobre, les autorités chinoises ouvrent une consultation sur la révision du catalogue des technologies dont l’exportation serait interdite ou restreinte. Le projet couvre notamment des technologies d’intelligence artificielle, de biomédecine et de fabrication photovoltaïque. Une obligation temporaire d’enregistrement de certaines exportations accompagne cette démarche. [11]

La distinction est essentielle : au 31 octobre, le projet de catalogue ne doit pas être présenté comme intégralement adopté. De même, utiliser un service d’IA chinois en ligne et transférer à l’étranger la technologie permettant de l’exploiter de façon autonome ne relèvent pas nécessairement du même régime.

Notre lecture géopolitique est la suivante : la maîtrise d’un savoir-faire peut devenir un moyen d’influence. Pour une entreprise ou un État, la question est aussi de savoir qui autorise l’accès à une technologie, qui peut la reproduire et à quelles conditions.

La concurrence internationale se joue ainsi dans les usines, les laboratoires et les règles d’exportation autant que dans les négociations diplomatiques.

LES URNES : DES RÉSULTATS, PUIS DES CONSÉQUENCES À OBSERVER

Au Brésil, les électeurs votent les 4 et 25 octobre. Le Tribunal supérieur électoral annonce la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva : 51,79 % des suffrages valides au second tour, contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro. [12]

Ce résultat ouvre la voie à la poursuite de sa présidence, dans un pays politiquement partagé. Pour en apprécier la portée internationale, il faudra observer les orientations du prochain mandat : relations avec Washington, coopération avec les autres puissances et engagements environnementaux. Le scrutin établit un résultat ; ses effets diplomatiques se préciseront dans les décisions à venir.

En Serbie, les législatives anticipées du 25 octobre bousculent le rapport de force. Les résultats préliminaires publiés par la commission électorale le 27 octobre donnent 52,71 % à la liste étudiante, contre 39,17 % à la liste soutenue par Aleksandar Vučić, sur les bureaux alors traités. Il s’agit bien de législatives : leur résultat ne vaut pas, en lui-même, changement de président. [13]

En Israël, le scrutin du 27 octobre débouche sur une arithmétique parlementaire difficile. Selon Associated Press, les résultats publiés le 30 octobre donnent 53 sièges au bloc de Benjamin Netanyahou, 48 au principal bloc d’opposition et 19 aux partis dirigés par des Arabes israéliens. La majorité exige 61 sièges sur 120. À la fin du mois, la composition d’un nouveau gouvernement reste donc à négocier. [14]

En Bulgarie, le premier tour présidentiel du 25 octobre ne désigne pas de vainqueur. Un second tour est prévu le 1er novembre : son résultat appartient au bilan de novembre. [15]

Ces scrutins ne racontent pas une évolution politique unique. Ils rappellent surtout qu’un résultat électoral, une coalition et une nouvelle politique étrangère ne se confondent pas.

ÉCONOMIE MONDIALE : LE COÛT DES TENSIONS

Dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre, le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3,1 % en 2026, puis de 3,4 % en 2027. Il identifie notamment les conflits et de nouvelles tensions commerciales parmi les risques pesant sur l’activité. [16]

Il s’agit de prévisions, établies à partir des informations disponibles au 1er octobre, et non d’un bilan définitif de l’année.

Leur intérêt géopolitique est concret : des approvisionnements perturbés peuvent renchérir la production ; des dépenses supplémentaires peuvent réduire les marges budgétaires ; une dépendance énergétique peut peser sur les choix diplomatiques. Les conséquences varient selon les pays, leurs ressources et leurs possibilités d’adaptation.

Les décisions internationales finissent ainsi par rencontrer des réalités très proches : une facture d’énergie, un prix alimentaire, un emploi ou un service public à financer.

G20 D’ATLANTA : CONTINUER À DISCUTER DANS UN MONDE DIVISÉ

Les 30 et 31 octobre, Atlanta accueille une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20. Il ne s’agit pas d’un sommet de chefs d’État et de gouvernement.

La déclaration de la présidence américaine, datée du 31 octobre et reproduite par le G20 Information Centre de l’Université de Toronto, met notamment en avant la sécurité énergétique, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la navigation dans les passages stratégiques. [17]

Sa nature compte autant que son contenu : c’est un texte de la présidence. Il ne permet pas, à lui seul, d’attribuer toutes ses formulations à l’ensemble des participants.

Atlanta résume une tension qui traverse le mois : les États ont besoin de coopérer sur l’énergie, les matières premières et les échanges, tout en restant profondément opposés sur les conflits et les moyens d’y répondre. La suite se jugera sur les mesures effectivement prises et leurs résultats.

CE QU’OCTOBRE NOUS APPREND

Trois fils relient cette sélection d’événements.

La sécurité des populations dépend aussi d’infrastructures : un réseau électrique, un port ou une route humanitaire peuvent devenir décisifs dans un conflit.

La puissance repose sur des dépendances croisées : contrôler un passage, une ressource ou un savoir-faire peut donner une capacité d’action sur les autres.

Enfin, la diplomatie et les institutions restent indispensables, mais leurs annonces demandent un suivi : une rencontre n’est pas un accord, un engagement n’est pas encore son application, et une élection ne règle pas automatiquement les questions de gouvernement.

Pour les élèves de HGGSP comme pour tout lecteur curieux, lire la géopolitique consiste donc à relier les faits, à identifier les acteurs et à mesurer ce qui change réellement.

À l’entrée de novembre, plusieurs questions restent ouvertes : les médiations permettront-elles de réduire les violences ? Les nouvelles équations électorales produiront-elles des gouvernements stables ? Les engagements économiques trouveront-ils une traduction concrète ?

Ce sont leurs suites qui permettront de prendre la mesure de ce mois d’octobre.

SOURCES ET RÉFÉRENCES

Sources consultées le 1er novembre 2026. Les dates des faits sont distinguées des dates de publication. Les développements postérieurs au 31 octobre ne sont pas intégrés au bilan.

  1. UNSCO — Intervention de Ramiz Alakbarov au Conseil de sécurité, 15 octobre 2026, mise en ligne le 22 octobre. Situation à Gaza et en Cisjordanie, fragilité du cessez-le-feu et enjeux politiques. Lire l’intervention.

  2. Conseil de sécurité — Déclaration présidentielle S/PRST/2026/4, 15 octobre 2026. Attaques contre l’Arabie saoudite et la navigation en mer Rouge. Notice et texte.

  3. Reuters, 31 octobre 2026 — Iranian envoys meet Qatari mediators as threat looms of US strikes after midterms. Informations attribuées sur la médiation qatarie. Dépêche reproduite par MarketScreener.

  4. Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU — This Week in DPPA: 3-9 October 2026. Compte rendu de l’intervention du 9 octobre sur l’Ukraine. Lire le bilan.

  5. Conseil européen — Réunion des 15 et 16 octobre 2026. Ukraine, infrastructures énergétiques, mer Noire et positions européennes. Résultats de la réunion.

  6. Département d’État américain — Conférence de presse de Marco Rubio, 31 octobre 2026. Propositions relatives à la mer Noire et limites d’un éventuel arrangement. Transcription reproduite par l’Université de Toronto.

  7. Commission de l’Union africaine — Communiqués des 1er et 4 octobre 2026. Appel à la retenue dans la Corne de l’Afrique et clarification sur l’absence d’attribution de responsabilité. Communiqué du 1er octobre ; clarification du 4 octobre.

  8. Reuters — Dépêches des 1er et 9 octobre 2026. Rupture diplomatique et accusations éthiopiennes, avec contestation érythréenne. Rupture diplomatique, dépêche datée du 1er octobre, publiée le 2 ; accusations du 9 octobre.

  9. ONU — Intervention de Rosemary DiCarlo sur le Soudan, 16 octobre 2026. Combats, opérations humanitaires et risques régionaux. Texte de l’intervention.

  10. Reuters, 7 octobre 2026 — African Union delegation meets Congo rebels, calls for continued peace efforts. Démarches de médiation dans l’est de la RDC. Dépêche reproduite par Investing.com.

  11. Ministère chinois du Commerce, 16 octobre 2026 — Questions-réponses sur la révision du catalogue des technologies interdites ou restreintes à l’exportation. Projet soumis à consultation et enregistrement temporaire de certaines exportations. Source en chinois. Communiqué officiel.

  12. Tribunal supérieur électoral du Brésil, 26 octobre 2026. Annonce des résultats du second tour du 25 octobre. Résultats et bilan du TSE ; calendrier des scrutins.

  13. Commission électorale de Serbie — 70e séance, publication du 27 octobre 2026. Résultats préliminaires arrêtés au 26 octobre à vingt heures, portant sur 97,56 % des bureaux de vote. Source en serbe. Publication officielle.

  14. Associated Press, 30 octobre 2026 — Difficult negotiations lie ahead in Israel after Netanyahu’s bloc lost its parliamentary majority. Résultats et négociations de coalition. Dépêche reproduite par ITV.

  15. Reuters, 26 octobre 2026 — Bulgaria heads to presidential runoff after close vote. Premier tour du 25 octobre et second tour annoncé pour le 1er novembre. Dépêche reproduite par Investing.com.

  16. Fonds monétaire international — World Economic Outlook, octobre 2026, présentation du 13 octobre. Prévisions de croissance et risques ; informations statistiques arrêtées au 1er octobre. Rapport et projections.

  17. Présidence américaine du G20 — G20 Chair’s Statement, 31 octobre 2026. Déclaration de la présidence à l’issue de la réunion ministérielle d’Atlanta. Texte reproduit par l’Université de Toronto. Adresse de publication du département d’État : accès direct bloqué lors de la vérification ; contenu consulté dans la reproduction universitaire, également repris par un diffuseur de communiqués.

Avis : texte publiable comme sélection pédagogique des faits marquants d’octobre. Il ne prétend pas recenser tous les événements du monde.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice, coach scolaire et écrivaine publique, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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