Comment apprends-tu le mieux ? Fais le test

Illustration pédagogique présentant trois stratégies d’apprentissage : visuelle, auditive et kinesthésique, avec une élève qui révise à l’aide de schémas, d’explications orales et d’exercices pratiques.

Nous n’apprenons pas tous exactement de la même manière.

Certains élèves aiment faire des schémas, utiliser des couleurs et revoir mentalement une page. D’autres retiennent mieux lorsqu’ils expliquent une notion à voix haute, écoutent une explication ou discutent avec quelqu’un. D’autres encore ont besoin d’écrire, de manipuler, de bouger ou de mettre les choses en pratique.

On parle souvent de mémoire visuelle, auditive ou kinesthésique.

Mais attention : ces trois catégories ne correspondent pas à trois « mémoires » totalement séparées dans notre cerveau. La mémoire humaine est beaucoup plus complexe et comprend plusieurs systèmes qui interviennent ensemble dans les apprentissages. Réseau Canopé rappelle d’ailleurs l’importance de comprendre les différents systèmes de mémoire et les mécanismes de mémorisation, plutôt que de réduire l’apprentissage à une seule façon de fonctionner.

Alors, à quoi sert ce test ?

Il ne va pas te dire : « Tu es visuel, donc tu dois toujours apprendre avec des images. »

Il va plutôt t’aider à repérer les stratégies que tu utilises spontanément le plus souvent.

Et ça, c’est intéressant.

Visuel, auditif, kinesthésique : des préférences, pas des étiquettes

Le modèle VAK — visuel, auditif, kinesthésique — est très connu.

Pendant longtemps, on a parfois pensé qu’il suffisait de déterminer le « style d’apprentissage » d’un élève puis de lui présenter toutes les informations selon ce style.

Par exemple :

  • un élève « visuel » apprendrait mieux avec des images ;

  • un élève « auditif » apprendrait mieux en écoutant ;

  • un élève « kinesthésique » apprendrait mieux en manipulant ou en bougeant.

Cette idée est séduisante… mais la recherche scientifique ne permet pas d’affirmer qu’un élève apprend systématiquement mieux lorsque l’enseignement correspond à un style qui lui aurait été attribué.

Une importante revue scientifique menée par Harold Pashler et ses collègues n’a pas trouvé de preuves suffisamment solides pour recommander de classer les élèves selon un style d’apprentissage et d’adapter systématiquement l’enseignement à cette catégorie.

L’American Psychological Association rappelle également que le modèle visuel-auditif-kinesthésique reste très populaire, alors que l’idée selon laquelle chacun posséderait un style unique dans lequel il apprendrait nécessairement mieux n’est pas démontrée.

Cela ne signifie pas pour autant que nos préférences n’existent pas.

Tu peux parfaitement préférer faire un schéma plutôt qu’écouter une explication.

Tu peux aimer réciter ton cours en marchant.

Tu peux avoir besoin d’écrire plusieurs fois une formule pour te l’approprier.

Ce sont des habitudes et des stratégies d’apprentissage. Elles peuvent être très utiles, mais elles ne doivent pas devenir des étiquettes.

Pourquoi connaître ses préférences peut être utile

Parce que mieux se connaître permet de mieux travailler.

Un élève qui sait qu’il se concentre davantage lorsqu’il transforme un cours en schéma pourra utiliser cette stratégie pour commencer une révision.

Un autre pourra s’enregistrer en train d’expliquer sa leçon.

Un autre encore pourra utiliser des cartes, écrire, manipuler ou marcher en récitant.

Mais surtout, l’objectif est ensuite de combiner plusieurs stratégies.

Un cours d’histoire peut être lu, résumé sous forme de frise chronologique, expliqué à voix haute puis récité sans regarder.

Une formule de mathématiques peut être observée, expliquée avec des mots puis utilisée dans plusieurs exercices.

Un mot de vocabulaire peut être lu, prononcé, écrit puis réutilisé dans une phrase.

Plus on manipule activement une information, plus on augmente les occasions de la retrouver ensuite.

Fais le test

Pour chaque question, choisis la réponse qui te ressemble le plus souvent.

Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse.

Note simplement le nombre de A, de B et de C que tu obtiens.

1. Quand tu dois apprendre une définition, tu préfères…

A. La voir écrite clairement, éventuellement avec des couleurs.
B. La lire ou l’entendre plusieurs fois à voix haute.
C. La recopier, l’utiliser ou faire quelque chose avec.

2. Lorsque quelqu’un t’explique un itinéraire…

A. Tu préfères regarder un plan.
B. Tu préfères qu’on t’explique oralement le chemin.
C. Tu préfères commencer à marcher et te repérer sur place.

3. Pour retenir une leçon d’histoire…

A. Tu fais volontiers une frise, une carte mentale ou un tableau.
B. Tu racontes les événements à voix haute.
C. Tu écris, manipules des cartes ou reconstitues les étapes.

4. Lorsque tu essaies de te souvenir d’une page de cours…

A. Tu revois parfois sa disposition, ses titres ou ses couleurs.
B. Tu te souviens davantage des phrases ou de l’explication du professeur.
C. Tu te rappelles plutôt ce que tu faisais lorsque tu l’as apprise.

5. En classe, une explication te paraît plus claire lorsque…

A. Le professeur utilise un schéma ou écrit les étapes au tableau.
B. Le professeur explique précisément à l’oral.
C. Tu peux essayer directement avec un exercice ou une manipulation.

6. Pour apprendre une poésie…

A. Tu regardes beaucoup le texte et sa disposition.
B. Tu la répètes souvent à voix haute.
C. Tu marches, gesticules ou associes des mouvements aux passages.

7. Pour comprendre une notion compliquée…

A. Tu recherches une image, un dessin ou un exemple écrit.
B. Tu demandes à quelqu’un de te l’expliquer.
C. Tu as besoin de l’essayer toi-même.

8. Lorsque tu prépares une évaluation…

A. Tu aimes avoir des fiches propres, structurées et visuelles.
B. Tu récites ou expliques ton cours à quelqu’un.
C. Tu fais surtout des exercices, écris ou manipules.

9. Lorsque tu apprends une nouvelle langue…

A. Voir le mot écrit t’aide beaucoup.
B. Entendre et répéter sa prononciation t’aide beaucoup.
C. L’utiliser immédiatement dans une situation ou une phrase t’aide beaucoup.

10. Si tu dois retenir une liste…

A. Tu imagines les mots ou tu les organises visuellement.
B. Tu répètes la liste dans ta tête ou à voix haute.
C. Tu l’écris, la classes ou associes chaque élément à une action.

11. Pour comprendre une expérience scientifique…

A. Tu commences volontiers par observer un schéma.
B. Tu préfères écouter l’explication du fonctionnement.
C. Tu préfères réaliser toi-même l’expérience.

12. Quand tu corriges un exercice…

A. Voir les différentes étapes écrites t’aide beaucoup.
B. Entendre quelqu’un expliquer ton erreur t’aide beaucoup.
C. Refaire immédiatement l’exercice t’aide beaucoup.

13. Lorsque tu dois retenir une formule…

A. Tu la visualises ou la mets en évidence sur une fiche.
B. Tu la prononces plusieurs fois.
C. Tu l’utilises rapidement dans plusieurs exercices.

14. Quand tu travailles seul…

A. Tu utilises volontiers des couleurs, tableaux ou cartes mentales.
B. Tu te parles, récites ou expliques à voix haute.
C. Tu écris beaucoup, changes de position ou fais des exercices.

15. Quand tu as vraiment compris quelque chose…

A. Tu arrives à te le représenter clairement.
B. Tu arrives à l’expliquer avec tes propres mots.
C. Tu arrives à t’en servir concrètement.

Tes résultats

Compte maintenant tes réponses.

Tu as davantage de A : les stratégies visuelles t’attirent particulièrement

Tu sembles utiliser spontanément les informations écrites et visuelles.

Tu peux essayer :

  • les cartes mentales ;

  • les frises chronologiques ;

  • les tableaux ;

  • les schémas ;

  • les couleurs avec modération ;

  • les fiches très structurées ;

  • les dessins explicatifs.

Mais ne te contente pas de relire ou de regarder tes fiches.

Cache-les ensuite et essaie de retrouver l’information sans regarder.

Tu as davantage de B : les stratégies orales et auditives t’aident beaucoup

Tu sembles aimer transformer les connaissances en paroles et explications.

Tu peux essayer :

  • expliquer ton cours à quelqu’un ;

  • réciter à voix haute ;

  • poser et répondre à des questions ;

  • t’enregistrer puis te réécouter ;

  • participer à des révisions à deux ;

  • reformuler une notion avec tes propres mots.

Là encore, écouter passivement ne suffit pas toujours.

Le plus efficace est souvent de chercher toi-même la réponse avant de la vérifier.

Tu as davantage de C : tu sembles apprécier les stratégies actives

Tu retiens peut-être plus facilement lorsque tu fais quelque chose avec l’information.

Tu peux essayer :

  • écrire sans recopier mot à mot ;

  • réaliser des exercices ;

  • utiliser des cartes questions-réponses ;

  • manipuler du matériel lorsque c’est possible ;

  • reconstituer des étapes ;

  • utiliser des exemples concrets ;

  • réciter en marchant si cela t’aide à rester concentré.

Attention toutefois : bouger n’est pas en soi une méthode de mémorisation.

C’est surtout le fait d’être actif intellectuellement qui compte.

Tu as presque autant de A, de B et de C ?

Excellente nouvelle : tu utilises déjà plusieurs stratégies.

Et c’est souvent exactement ce qu’il faut faire.

Une même personne peut d’ailleurs avoir des préférences différentes selon les matières.

Tu peux aimer les schémas en SVT, avoir besoin de parler en histoire et apprendre les mathématiques surtout en faisant des exercices.

Il n’y a aucune contradiction.

Le plus important : ne te mets pas dans une case

Le résultat de ce petit test est un indice, pas un diagnostic.

Il permet simplement de réfléchir à cette question :

« Qu’est-ce que je fais spontanément lorsque j’essaie d’apprendre ? »

Il serait dommage qu’un élève conclue :

« Je suis visuel, donc je ne peux pas apprendre en écoutant. »

ou :

« Je suis kinesthésique, donc lire un cours ne sert à rien pour moi. »

Nous avons tous besoin de voir, d’écouter, de comprendre, d’agir, de récupérer des informations en mémoire et de les réutiliser.

L’apprentissage dépend aussi énormément de ce que l’on apprend.

Pour reconnaître une carte de géographie, l’information visuelle est évidemment essentielle.

Pour apprendre la prononciation d’un mot anglais, il faut l’entendre.

Pour apprendre à effectuer une manipulation scientifique, il faut à un moment donné la pratiquer.

La meilleure méthode dépend donc à la fois de l’élève et de la connaissance à apprendre.

Les méthodes qui aident réellement la mémoire

Au-delà des préférences personnelles, plusieurs principes issus des sciences cognitives peuvent aider les élèves à mémoriser plus durablement.

Réseau Canopé met notamment en avant la mémorisation, l’engagement actif, le feedback et la métacognition parmi les leviers importants des apprentissages.

Se tester plutôt que seulement relire

Après avoir appris une partie du cours, ferme le cahier et demande-toi :

« Qu’est-ce que je suis capable de retrouver sans regarder ? »

Une question, un mini-quiz ou une fiche recto-verso oblige ton cerveau à rechercher l’information.

Espacer les révisions

Apprendre tout un chapitre la veille d’un contrôle peut parfois permettre de réussir le lendemain.

Mais pour retenir longtemps, il vaut mieux revoir plusieurs fois le contenu sur plusieurs jours.

Expliquer avec ses propres mots

Si tu arrives à expliquer une notion simplement sans regarder ton cours, c’est déjà un bon moyen de vérifier si tu l’as réellement comprise.

Faire des erreurs… puis les corriger

Une erreur corrigée peut devenir une excellente occasion d’apprendre.

Le feedback — comprendre pourquoi une réponse était fausse et comment l’améliorer — fait partie des mécanismes importants dans les apprentissages.

Varier les façons de travailler

Tu peux parfaitement :

lire → faire un schéma → fermer le cours → réciter → vérifier → faire un exercice.

Au lieu de rechercher la méthode parfaite, recherche plutôt une combinaison qui te rend actif et qui t’oblige régulièrement à retrouver les informations sans support.

Petit défi : teste ta méthode pendant une semaine

Choisis une matière.

Pendant une semaine, teste volontairement plusieurs stratégies :

Jour 1 : apprends normalement.

Jour 2 : reprends le cours sans le relire immédiatement et écris tout ce dont tu te souviens.

Jour 3 : explique la notion à voix haute.

Jour 4 : fais quelques questions ou exercices sans regarder la correction.

Jour 6 ou 7 : teste-toi à nouveau.

Puis demande-toi :

  • Qu’est-ce qui m’a vraiment aidé ?

  • Qu’est-ce qui m’a seulement donné l’impression d’apprendre ?

  • Qu’est-ce que je suis encore capable de retrouver plusieurs jours après ?

Car finalement, la meilleure méthode n’est pas forcément celle qui paraît la plus agréable sur le moment.

C’est celle qui te permet de retrouver l’information lorsque tu en as besoin.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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