Rentrée 2026 : tout ce qui change au collège
Téléphone portable, français, mathématiques, nouveaux programmes, sport, orientation, brevet…
La rentrée 2026 apporte plusieurs changements au collège. Certains concernent tous les élèves, d’autres seulement certains niveaux ou certains établissements.
Et comme souvent en matière d’Éducation nationale, il faut aussi distinguer les mesures réellement entrées en vigueur des annonces faites plusieurs mois auparavant, parfois modifiées depuis.
Voici donc ce qu’il faut réellement retenir pour l’année scolaire 2026-2027.
Le téléphone portable reste à l’écart pendant la journée
Au collège, le principe est désormais très clair : le téléphone portable et les autres équipements connectés doivent être mis à l’écart pendant le temps scolaire.
Le dispositif « Portable en pause », déjà généralisé dans les collèges, s’inscrit désormais dans une politique plus large puisque, à partir de cette rentrée 2026, l’interdiction s’étend également aux lycées.
Chaque collège reste libre d’organiser concrètement cette mise à l’écart : casiers, pochettes, dépôt à l’entrée ou autre système prévu par le règlement intérieur.
Des exceptions restent possibles, notamment pour les élèves ayant un handicap ou un trouble de santé nécessitant l’utilisation d’un équipement particulier.
Le ministère souhaite ainsi limiter les interruptions permanentes liées aux écrans et favoriser davantage la concentration, les échanges entre élèves et la disponibilité pendant les apprentissages.
La rentrée 2026 confirme donc clairement une orientation : au collège, le téléphone n’a plus vocation à accompagner l’élève toute la journée.
En 6e et en 5e : une nouvelle organisation du français et des mathématiques
Les fameux « groupes de besoins » mis en place ces dernières années évoluent à partir de septembre 2026.
Le ministère parle désormais d’un accompagnement pédagogique renforcé en français et en mathématiques pour les élèves de 6e et de 5e.
Concrètement, les établissements disposent de davantage de liberté pour organiser ces cours selon les besoins de leurs élèves.
Ils peuvent, sur tout ou partie de l’horaire :
conserver la classe entière ;
constituer des groupes à effectifs réduits ;
créer des groupes correspondant à des besoins particuliers identifiés par les enseignants ;
modifier ces groupes au cours de l’année.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de répartir durablement les élèves dans des « bons », « moyens » ou « faibles ».
L’idée officielle est au contraire de permettre une organisation plus souple selon les difficultés ou les besoins constatés.
Pour les autres disciplines, la classe habituelle reste l’organisation de référence.
Jusqu’à deux heures de soutien supplémentaires pour certains élèves
Les collèges disposent également de possibilités supplémentaires pour accompagner les élèves rencontrant des difficultés dans les savoirs fondamentaux.
Jusqu’à deux heures de soutien hebdomadaires supplémentaires peuvent être proposées aux élèves qui en ont besoin.
En 6e, une heure supplémentaire de soutien ou d’approfondissement en français ou en mathématiques peut également être organisée lorsque les besoins de l’élève ont été identifiés.
Ces heures viennent donc s’ajouter, selon les situations, aux horaires habituels.
L’objectif est d’intervenir plus rapidement lorsqu’une difficulté apparaît, plutôt que de laisser les lacunes s’installer pendant plusieurs années.
En 5e : de nouveaux programmes de français et de mathématiques
C’est l’une des principales nouveautés pédagogiques de cette rentrée.
À partir de septembre 2026, les élèves de 5e commencent à travailler avec les nouveaux programmes de français et de mathématiques du cycle 4.
Leur déploiement sera progressif :
5e : rentrée 2026 ;
4e : rentrée 2027 ;
3e : rentrée 2028.
Autrement dit, un élève qui entre en 5e cette année inaugure réellement ces nouveaux programmes.
L’objectif affiché est de rendre plus explicites les connaissances et les compétences à maîtriser à chaque niveau.
En mathématiques, l’accent est notamment mis sur les automatismes, le calcul, le raisonnement et la résolution de problèmes.
En français, les attendus sont eux aussi précisés davantage année par année, afin de mieux structurer la progression des élèves dans la maîtrise de la langue, la lecture, l’écriture et la culture littéraire.
Les langues vivantes évoluent également en 5e
Les nouveaux programmes de langues vivantes poursuivent leur déploiement.
Après la classe de 6e, ils concernent désormais les élèves de 5e à partir de septembre 2026.
Ils seront ensuite appliqués progressivement en 4e puis en 3e.
Les programmes donnent davantage de repères concernant :
le vocabulaire ;
la grammaire ;
la prononciation ;
la compréhension orale et écrite ;
l’expression ;
la connaissance culturelle des pays et des régions dont la langue est étudiée.
L’objectif reste également d’aligner plus clairement les apprentissages sur les niveaux du Cadre européen commun de référence pour les langues.
En 4e et en 3e : une stratégie de réussite adaptée à chaque établissement
Pour les élèves de 4e et de 3e, les collèges mettent en œuvre une stratégie de réussite.
Elle existait déjà depuis la rentrée précédente mais elle reste un élément important de l’organisation 2026-2027.
Il ne s’agit pas d’un dispositif identique dans tous les établissements.
Chaque collège doit construire son propre accompagnement en fonction de ses élèves et de ses besoins.
Cela peut passer par :
du soutien ;
Devoirs faits ;
des stages de réussite ;
des groupes de travail ;
un accompagnement renforcé en français ou en mathématiques ;
une préparation plus importante au brevet ;
un travail spécifique autour de l’orientation.
L’objectif est particulièrement important en troisième : préparer à la fois l’examen et l’entrée au lycée.
Deux heures de sport en plus… mais pas pour tous
Le dispositif « Deux heures de sport en plus au collège » est élargi à la rentrée 2026.
Attention toutefois à son intitulé : il ne signifie absolument pas que tous les collégiens auront désormais deux heures d’EPS supplémentaires.
Le dispositif peut maintenant être proposé par tous les collèges publics volontaires, alors qu’il concernait jusqu’ici principalement certains établissements.
Il vise prioritairement les jeunes qui pratiquent peu ou pas d’activité physique en dehors de l’école.
La participation de l’élève est volontaire.
Ces activités viennent en complément :
des cours obligatoires d’EPS ;
de l’association sportive du collège ;
d’une éventuelle pratique sportive en club.
Une attention particulière doit notamment être portée aux jeunes filles et aux élèves à besoins éducatifs particuliers.
Des classes renforcées en mathématiques et en sciences
Autre évolution de cette rentrée : les classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences, appelées CHAMS, poursuivent leur développement.
Elles concernent les élèves de 4e et de 3e particulièrement intéressés par les mathématiques, les sciences, la technologie ou le numérique.
L’objectif annoncé pour 2026 est d’étendre le dispositif à l’ensemble des académies, avec au moins une classe de ce type par département.
Les élèves conservent leur enseignement habituel, auquel peuvent s’ajouter des heures consacrées à des projets scientifiques.
Ces projets peuvent être menés avec des chercheurs, des universités, des ingénieurs, des laboratoires ou des entreprises.
Le dispositif cherche également à favoriser davantage la présence des filles dans les parcours scientifiques.
Tous les collèges ne proposeront évidemment pas ces classes.
Un Concours général arrive aussi au collège
Jusqu’à présent, le Concours général était principalement associé au lycée.
À partir de l’année scolaire 2026-2027 apparaît le Concours général des collèges.
Il s’adresse aux élèves de 3e des établissements participants et vise à valoriser les élèves qui manifestent un intérêt ou un talent particulier dans certaines disciplines.
Cinq domaines sont notamment prévus :
mathématiques et sciences ;
français et culture générale ;
histoire-géographie ;
arts plastiques ;
informatique et codage.
Les premières épreuves doivent avoir lieu pendant l’année scolaire 2026-2027.
Le but n’est donc pas d’ajouter un nouvel examen obligatoire, mais de proposer une possibilité supplémentaire à certains élèves volontaires et sélectionnés par leur établissement.
Et le brevet 2027, qu’est-ce qui change ?
C’est évidemment la question essentielle pour les élèves qui entrent en troisième en septembre 2026.
Et il y a ici plusieurs choses à distinguer.
Le brevet est désormais noté sur 20
Depuis la session 2026, l’ancien système sur 800 points a disparu.
Pour obtenir le diplôme national du brevet, l’élève doit désormais obtenir une moyenne générale d’au moins 10 sur 20.
Le contrôle continu compte pour 40 %
La note finale du brevet repose désormais sur :
40 % de contrôle continu
et
60 % d’épreuves terminales.
Le contrôle continu ne repose plus sur les anciennes huit composantes du socle commun.
Il correspond désormais à la moyenne des moyennes annuelles des matières obligatoires de troisième, chacune ayant le même coefficient.
Pour un élève entrant en troisième, les notes obtenues tout au long de l’année ont donc une importance directe dans la note du brevet.
Les épreuves finales comptent pour 60 %
Les épreuves terminales ont désormais davantage de poids que le contrôle continu.
Il existe toujours :
une épreuve écrite de français ;
une épreuve écrite de mathématiques ;
une épreuve d’histoire-géographie et d’EMC ;
une épreuve de sciences ;
une épreuve orale.
Cette répartition renforce donc l’importance de la préparation aux épreuves écrites.
Grande nouveauté du brevet 2027 : les épreuves écrites porteront sur le programme de troisième
Voilà une modification particulièrement importante.
Jusqu’à la session 2026, les sujets du brevet pouvaient s’appuyer sur l’ensemble des programmes du cycle 4, c’est-à-dire les apprentissages de 5e, 4e et 3e.
À partir de la session 2027, les sujets des épreuves écrites porteront sur les programmes de la classe de troisième.
Pour les élèves qui entrent en troisième en septembre 2026, cela permet donc de mieux identifier les connaissances attendues pour l’examen.
Attention toutefois : cela ne signifie évidemment pas que les apprentissages des années précédentes deviennent inutiles.
En mathématiques ou en français, par exemple, ce qui est étudié en troisième repose nécessairement sur des compétences acquises depuis plusieurs années.
Mais officiellement, la référence des sujets devient bien le programme de troisième.
Le brevet devient-il obligatoire pour entrer en seconde ?
Non.
Et cette précision est importante car beaucoup d’informations contradictoires circulent encore.
Il avait été annoncé en 2024 que le brevet deviendrait obligatoire à partir de 2027 pour accéder directement à la seconde.
Cette mesure n’est finalement pas celle qui est aujourd’hui en vigueur.
Le ministère précise que le brevet n’est pas obligatoire pour le passage en seconde, celui-ci continuant d’être décidé dans le cadre de l’orientation scolaire.
Un décret publié le 10 juillet 2026 prévoit désormais une autre possibilité : une classe préparatoire à la seconde, destinée à des élèves volontaires qui ont été admis en seconde mais souhaitent bénéficier d’une année supplémentaire de préparation.
Il s’agit bien d’un dispositif volontaire.
Un élève qui échoue au brevet n’est donc pas automatiquement empêché d’entrer au lycée.
Voilà pourquoi il est toujours important de vérifier la date des informations que l’on trouve en ligne : certaines annonces faites en 2024 ne correspondent plus aux textes applicables à la rentrée 2026.
Et l’orientation ?
L’orientation continue à prendre une place croissante dès le collège.
Le travail consacré à la découverte des métiers et des formations doit progressivement accompagner l’élève dès les premières années du secondaire, avec une importance particulière en 4e et en 3e.
L’objectif est que le choix de l’orientation après la troisième soit moins subi et davantage préparé.
Pour les élèves de troisième, l’année reste donc doublement importante :
préparer le brevet, mais aussi préparer l’après-collège.
Seconde générale et technologique, seconde professionnelle, CAP, apprentissage : l’enjeu n’est pas seulement d’obtenir un diplôme en juin, mais de commencer à construire la suite.
Ce qu’il faut retenir de cette rentrée 2026 au collège
Il n’y a pas une grande réforme unique qui bouleverse entièrement le collège.
Mais plusieurs évolutions vont concrètement toucher les élèves.
Les élèves de 6e et de 5e bénéficient d’une organisation plus souple du français et des mathématiques.
Les 5e inaugurent de nouveaux programmes.
Les 4e et les 3e peuvent bénéficier d’un accompagnement davantage adapté à leur situation.
Le sport, les sciences et l’orientation font l’objet de nouveaux dispositifs.
Et surtout, pour les élèves de troisième, le brevet poursuit sa transformation.
La session 2027 sera la première dont les épreuves écrites seront explicitement centrées sur les programmes de troisième.
Une chose, en revanche, ne change pas : une réforme, un programme ou un nouvel examen ne suffit jamais à lui seul à faire réussir un élève.
Comprendre ce que l’on attend de lui, savoir où il en est et apprendre progressivement à travailler de manière autonome restent tout aussi essentiels.
Parce qu’avant de demander à un élève de réussir, encore faut-il lui donner les moyens de comprendre ce que l’on attend de lui.

