Bathilde : comment une esclave est-elle devenue reine des Francs ?

Illustration : Sainte Bathilde de Chelles, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1844. Représentation réalisée près de douze siècles après Bathilde ; il ne s'agit pas d'un portrait contemporain.

Crédit : Jean-Auguste-Dominique Ingres, Sainte Bathilde de Chelles, 1844, musée du Louvre, INV 27230, Recto — domaine public, via Wikimedia Commons.

L’histoire des Mérovingiens réserve parfois des destins que l’on croirait inventés.

Celui de Bathilde en fait partie.

Au VIIe siècle, une jeune Anglo-Saxonne arrive dans le royaume franc en situation de servitude.

Quelques années plus tard, elle épouse un roi.

Elle devient ensuite la mère de trois futurs souverains.

À la mort de son époux, elle exerce le pouvoir pendant la minorité de son fils.

Puis elle quitte la cour pour Chelles, où elle termine sa vie avant de devenir l’une des grandes figures de sainteté de l’époque mérovingienne.

Esclave. Reine. Régente. Retirée à Chelles. Puis sainte.

Une trajectoire extraordinaire.

Mais précisément parce que cette histoire est extraordinaire, elle exige quelques précautions.

L’essentiel de ce que nous savons de la jeunesse de Bathilde provient de la Vita Balthildis, sa Vie, rédigée peu après sa mort, probablement dans le milieu de Chelles.

C’est une source exceptionnellement proche des événements pour l’époque mérovingienne.

Mais c’est aussi une hagiographie.

Son objectif n’est pas d’écrire la biographie critique d’une souveraine comme le ferait un historien moderne : il est de montrer l’exemplarité chrétienne et la sainteté de Bathilde.

Il faut donc constamment distinguer ce que la source raconte, ce que d’autres documents permettent de confirmer et ce que l’historien peut seulement supposer.

Une jeune Anglo-Saxonne réduite en servitude

Nous ignorons la date et le lieu exacts de la naissance de Bathilde.

Nous ne connaissons pas davantage ses parents.

Sa Vita la présente comme originaire du monde anglo-saxon et raconte qu’elle fut amenée outre-Manche avant d’être vendue dans le royaume franc.

Ce parcours n’a rien d’invraisemblable.

Au VIIe siècle, la Manche n’est pas une frontière isolant deux mondes. Hommes, marchandises, religieux, aristocrates mais aussi captifs et esclaves circulent entre les royaumes anglo-saxons et le continent.

Bathilde arrive ainsi en Neustrie et entre dans la maison d’Erchinoald, maire du palais.

Nous l’avons déjà rencontré dans l’épisode consacré à Clovis II.

Le maire du palais est alors l’un des personnages les plus importants du royaume.

Bathilde n’entre donc pas dans une maison quelconque : elle se retrouve dans l’entourage immédiat des élites qui gravitent autour de la monarchie mérovingienne.

Sa Vita insiste sur sa beauté, son humilité, sa discrétion et son dévouement.

Elle raconte également qu’après la mort de son épouse, Erchinoald aurait souhaité épouser Bathilde.

La jeune femme aurait alors cherché à se soustraire à ce mariage jusqu’à ce qu’Erchinoald choisisse une autre épouse.

L’épisode est saisissant.

Mais il correspond aussi parfaitement au portrait que souhaite construire un récit hagiographique : celui d’une future sainte humble, chaste et réticente aux honneurs.

Nous ne pouvons donc pas savoir si la scène s’est réellement déroulée de cette manière.

Ce qui est beaucoup plus solidement établi est la suite.

Bathilde épouse le roi Clovis II.

Comment une ancienne esclave peut-elle épouser un roi ?

Le mariage a probablement lieu vers 650.

Clovis II règne alors sur la Neustrie et la Bourgogne.

Il est le fils de Dagobert Ier et de Nanthilde.

Bathilde devient donc reine.

Les circonstances précises de cette union nous échappent.

La Vita l’interprète naturellement à travers la Providence : celle qui avait connu la servitude est élevée jusqu’à la royauté.

L’historien doit rester plus prudent.

Bathilde vivait dans la maison d’Erchinoald, l’un des hommes les plus puissants du royaume. Elle appartenait donc déjà à l’environnement politique immédiat de la cour.

Mais nous ne possédons pas de source permettant de reconstituer précisément les circonstances ou les éventuelles négociations ayant conduit au mariage.

Une chose, en revanche, est certaine : Bathilde occupe désormais une place centrale dans la dynastie mérovingienne.

De son union avec Clovis II naissent trois fils :

Clotaire III, Childéric II et Thierry III.

Tous les trois deviendront rois.

L’ancienne esclave anglo-saxonne devient ainsi la mère de trois souverains mérovingiens.

Mais son rôle historique ne se limite pas à avoir donné des héritiers à la dynastie.

657 : Clovis II meurt

Nous avons quitté Clovis II dans notre épisode précédent en 657.

Il meurt encore très jeune.

Son fils aîné, Clotaire III, lui succède en Neustrie et en Bourgogne.

Mais Clotaire est encore un enfant.

La situation rappelle celle qu’avait connue Clovis II lui-même à la mort de Dagobert Ier en 639.

Un enfant porte la couronne.

Autour de lui, d’autres doivent nécessairement participer à l’exercice du gouvernement.

Cette fois, sa mère occupe une place essentielle.

Bathilde exerce la régence pendant la minorité de Clotaire III.

Elle gouverne dans un système où interviennent également les maires du palais, les évêques et les grandes familles aristocratiques.

Erchinoald reste maire du palais jusqu’à sa mort, puis Ébroïn lui succède.

Bathilde n’est donc jamais seule à gouverner.

Mais elle n’est pas non plus une simple figure honorifique.

Les sources permettent de lui reconnaître une véritable autorité politique pendant cette période.

L’ancienne esclave est devenue l’une des personnes les plus puissantes du royaume franc.

Une reine qui gouverne

Il faut ici éviter une image trop simple du pouvoir mérovingien.

Bathilde n’est pas une souveraine absolue gouvernant seule depuis un palais.

Le gouvernement repose sur des équilibres complexes entre la dynastie royale, les maires du palais, les grands aristocrates, les évêques et les établissements religieux.

La reine mère dispose néanmoins d’une importante capacité d’action.

Elle intervient notamment dans les affaires ecclésiastiques et soutient activement plusieurs communautés religieuses.

Cette politique ne relève pas uniquement de la piété personnelle.

Au VIIe siècle, protéger ou favoriser un monastère constitue également un acte politique.

Les grands établissements religieux possèdent des terres, structurent des territoires, entretiennent des relations avec les familles aristocratiques et participent aux réseaux sur lesquels repose l’autorité royale.

L’action religieuse et l’action politique sont alors beaucoup moins séparées que nous pourrions l’imaginer aujourd’hui.

Chelles et Corbie

Deux établissements restent particulièrement associés au nom de Bathilde : Chelles et Corbie.

À Chelles, un établissement religieux existait déjà avant elle et la tradition le rattachait à la reine Clotilde.

Bathilde contribue cependant à faire de Chelles un important monastère royal féminin, probablement autour de 658-659.

Le lieu occupera une place considérable dans sa propre histoire.

Corbie, en Picardie, constitue un autre exemple majeur de son action.

Sa fondation et sa dotation se situent entre 657 et 661.

L’établissement reçoit d’importants biens et bénéficie du soutien du pouvoir royal.

Les travaux consacrés aux actes de Corbie soulignent l’implication particulièrement forte de Bathilde dans cette fondation.

Ces monastères ne sont pas de simples refuges spirituels.

Ils participent pleinement à l’organisation religieuse, sociale, économique et politique du royaume.

Et Bathilde soutient également d’autres grands établissements religieux.

On retrouve notamment dans les sources un nom déjà familier :

Saint-Denis.

De Dagobert Ier à Clovis II puis Bathilde, le sanctuaire reste étroitement associé à la dynastie mérovingienne.

Bathilde a-t-elle aboli l’esclavage ?

C’est probablement l’une des affirmations les plus souvent répétées à son sujet.

Et c’est aussi l’une de celles qui nécessitent le plus de prudence.

Non, nous ne pouvons pas dire que Bathilde a aboli l’esclavage dans le royaume franc.

L’esclavage et différentes formes de dépendance continuent d’exister après elle.

Sa Vita lui attribue cependant une action concernant les captifs.

Le texte affirme qu’elle chercha à empêcher que des captifs chrétiens soient envoyés hors du royaume des Francs.

Il lui attribue également le rachat de nombreux captifs : certains auraient été libérés, d’autres confiés à des communautés religieuses.

Il faut cependant replacer ce témoignage dans son contexte.

Des dispositions concernant la vente de personnes hors du royaume existaient déjà dans la législation ecclésiastique du VIIe siècle.

Il serait donc excessif de transformer Bathilde en inventrice d’une politique entièrement nouvelle, et encore davantage en « abolitionniste » au sens moderne du terme.

En revanche, son hagiographe accorde manifestement une grande importance à son action en faveur des captifs.

Et ce thème prend évidemment une dimension particulière lorsqu’il est associé à une femme qui avait elle-même connu la servitude.

La nuance est essentielle.

Elle rend peut-être le récit moins spectaculaire.

Elle le rend surtout plus juste historiquement.

Une politique religieuse ambitieuse

La Vita Balthildis attribue également à Bathilde une action contre certains abus dans l’Église et insiste sur son soutien à une vie religieuse plus rigoureuse dans plusieurs établissements.

La lutte contre la simonie — c’est-à-dire le trafic de fonctions ou de biens ecclésiastiques — est notamment associée à son gouvernement.

Mais là encore, il faut être précis.

Une hagiographie cherche à présenter son héroïne comme une souveraine chrétienne exemplaire.

Nous ne devons donc pas transformer automatiquement toutes les actions que la Vita lui attribue en un programme gouvernemental personnel dont chaque mesure serait indépendamment documentée.

Cette prudence devient encore plus nécessaire lorsqu’on découvre qu’une autre tradition donne de Bathilde une image beaucoup moins favorable.

Bathilde, reine sainte… ou nouvelle Jézabel ?

Voilà l’un des aspects les plus fascinants du personnage.

Toutes les sources ne donnent pas de Bathilde la même image.

Sa Vita la présente naturellement comme une souveraine pieuse, humble et charitable.

Mais une tradition issue de la Vie de Wilfrid, rédigée dans le monde anglo-saxon, lui est beaucoup plus hostile.

Bathilde y est associée à la mort d’évêques et comparée à Jézabel, la reine biblique devenue symbole de la souveraine impie.

L’un des dossiers concernés est celui d’Aunemund, évêque de Lyon, mort dans le contexte des violents affrontements politiques de l’époque.

Mais la responsabilité personnelle de Bathilde dans sa mort ne peut pas être considérée comme établie.

Les rivalités aristocratiques, les luttes de pouvoir et le rôle d’autres acteurs politiques, notamment Ébroïn, rendent l’affaire particulièrement difficile à reconstruire.

Cette opposition entre les sources est extrêmement précieuse pour l’historien.

Selon celui qui raconte son histoire, Bathilde peut apparaître comme :

une reine sainte ou une souveraine dangereuse.

Aucune de ces images ne doit être acceptée sans examen.

L’histoire se trouve derrière ces mémoires concurrentes.

662 : un deuxième fils de Bathilde devient roi

Pendant ce temps, l’Austrasie connaît toujours les conséquences de la crise de succession qui avait suivi la mort de Sigebert III.

En 662, Childéric II, deuxième fils de Clovis II et Bathilde, devient roi d’Austrasie.

Il est lui aussi encore très jeune.

Deux fils de Bathilde occupent désormais simultanément des trônes mérovingiens :

Clotaire III en Neustrie et Bourgogne ; Childéric II en Austrasie.

La dynastie issue de Clovis II et Bathilde se trouve donc au centre de l’ensemble du monde franc.

Mais cette puissance dynastique ne signifie pas que Bathilde peut conserver indéfiniment son autorité personnelle.

Pourquoi Bathilde quitte-t-elle le pouvoir ?

Vers 664-665, Bathilde quitte la cour et rejoint Chelles.

Sa Vita présente naturellement cette évolution sous un jour spirituel : la reine abandonnerait les honneurs du monde pour mener une existence consacrée à Dieu.

Mais le contexte politique suggère une réalité plus complexe.

Son retrait intervient dans une période de fortes tensions politiques et paraît avoir été imposé, ou au moins fortement contraint.

Le maire du palais Ébroïn occupe alors une position de plus en plus importante.

Nous ne pouvons pas reconstituer avec certitude toutes les circonstances qui conduisent Bathilde à Chelles.

Mais l’image d’une reine abandonnant simplement et librement le pouvoir par humilité chrétienne est probablement insuffisante.

Son départ marque aussi la fin de son rôle gouvernemental direct.

Voilà qui change considérablement le portrait traditionnel d’une souveraine quittant paisiblement son palais pour le cloître.

De la cour à Chelles

Bathilde vit encore plusieurs années à Chelles.

Sa Vita insiste sur son humilité et raconte que l’ancienne reine cherche désormais à vivre au milieu de la communauté sans exiger les privilèges liés à son ancien rang.

Là encore, l’historien doit distinguer le message spirituel du récit et ce qu’il peut véritablement établir.

Même retirée de la cour, Bathilde reste une ancienne reine et la mère de rois.

Son rang, ses relations et son importance dynastique ne disparaissent pas lorsqu’elle arrive à Chelles.

Il faut également être prudent lorsqu’on la présente simplement comme « moniale » ou « religieuse » au sens où nous l’entendrions aujourd’hui : les modalités exactes de son statut à Chelles sont moins simples que ne le laisse entendre cette image traditionnelle.

Bathilde meurt à Chelles vers 680.

Sa fête sera traditionnellement célébrée le 30 janvier.

Mais son histoire ne s’arrête pas avec sa mort.

Comment Bathilde devient-elle sainte ?

La transformation est remarquable.

Quelques décennies auparavant, Bathilde était une jeune étrangère arrivée dans le royaume franc en situation de servitude.

Elle est désormais célébrée comme une souveraine chrétienne exemplaire.

La Vita Balthildis, rédigée peu après sa mort, joue un rôle essentiel dans cette construction de sa mémoire.

Elle met en avant son humilité, sa charité, son soutien aux communautés religieuses et son action envers les captifs.

Mais il serait trop simple de considérer cette réputation comme une pure invention.

Bathilde avait réellement été reine.

Elle avait réellement exercé une autorité politique.

Elle avait réellement joué un rôle majeur dans le développement de Chelles et de Corbie.

Et une source très ancienne lui attribue effectivement une action importante en faveur des captifs.

La figure de la sainte s’est donc construite à partir d’une véritable femme de pouvoir.

L’hagiographie a sélectionné, interprété et magnifié certains aspects de son existence.

D’autres traditions ont au contraire retenu une image beaucoup plus sombre.

C’est précisément le travail de l’historien que d’essayer de retrouver Bathilde derrière ces différentes constructions.

Un destin unique ?

Le parcours de Bathilde fascine parce qu’il paraît presque impossible :

servitude → royauté → maternité dynastique → régence → Chelles → sainteté.

Mais son histoire nous apprend quelque chose de plus profond sur la monarchie mérovingienne.

Le pouvoir au VIIe siècle ne fonctionne pas comme une monarchie moderne.

Il repose sur une dynastie, des relations personnelles, des familles aristocratiques, des évêques, des maires du palais, des établissements religieux et de multiples réseaux de fidélité.

Bathilde a réussi à atteindre le sommet de ce système.

Elle y a exercé une véritable autorité.

Puis elle a découvert les limites mêmes de ce pouvoir.

Une reine pouvait gouverner.

Elle pouvait intervenir dans les affaires religieuses, soutenir des fondations, participer aux grands équilibres politiques du royaume et assurer la continuité d’une dynastie.

Mais elle devait composer avec tous ceux qui participaient eux aussi à l’exercice du pouvoir.

Son ascension extraordinaire ne doit donc pas masquer la complexité de son gouvernement.

Et sa sainteté postérieure ne doit pas faire disparaître la régente.

Bathilde fut une femme de pouvoir dont l’histoire nous est principalement parvenue grâce à ceux qui voulaient faire d’elle une sainte.

C’est précisément cette tension entre servitude, royauté, pouvoir et sainteté qui fait d’elle l’une des personnalités les plus fascinantes du VIIe siècle.

Repères chronologiques

  • Première moitié du VIIe siècle : naissance de Bathilde dans le monde anglo-saxon ; date et lieu exacts inconnus.

  • Années 640 : Bathilde arrive dans le royaume franc en situation de servitude et entre dans la maison d’Erchinoald.

  • Vers 650 : mariage avec Clovis II.

  • 657 : mort de Clovis II ; Clotaire III devient roi de Neustrie et de Bourgogne. Bathilde exerce la régence pendant sa minorité.

  • Vers 658-659 : développement du monastère royal féminin de Chelles sous l’impulsion de Bathilde.

  • Entre 657 et 661 : fondation et dotation de Corbie.

  • 662 : Childéric II devient roi d’Austrasie.

  • Vers 664-665 : Bathilde quitte le gouvernement et se retire à Chelles dans un contexte de tensions politiques.

  • Vers 680 : mort de Bathilde à Chelles.

Ce qu’il faut retenir

  • Bathilde est d’origine anglo-saxonne et arrive dans le royaume franc en situation de servitude.

  • Elle entre dans la maison du maire du palais Erchinoald avant d’épouser Clovis II vers 650.

  • Elle devient la mère de Clotaire III, Childéric II et Thierry III, qui accéderont tous les trois à la royauté.

  • Après la mort de Clovis II en 657, elle exerce une véritable autorité politique pendant la minorité de Clotaire III.

  • Elle joue un rôle majeur dans le développement de Chelles et la fondation de Corbie.

  • Sa Vita lui attribue une action importante en faveur des captifs et contre leur vente hors du royaume, mais elle n’a pas aboli l’esclavage au sens moderne du terme.

  • Son gouvernement s’inscrit dans les rapports complexes entre la monarchie, les grandes familles, les évêques et les maires du palais.

  • En 662, son deuxième fils, Childéric II, devient roi d’Austrasie.

  • Vers 664-665, son retrait à Chelles intervient dans un contexte politique conflictuel et ne doit probablement pas être interprété comme une simple retraite spirituelle volontaire.

  • Après sa mort, sa mémoire est progressivement construite autour d’un modèle de reine sainte, tandis que d’autres traditions anciennes donnent d’elle une image beaucoup plus hostile.

  • La Vita Balthildis, principale source concernant sa vie, est exceptionnellement proche de son époque, mais demeure une source hagiographique qui doit être confrontée aux autres documents.

Prochain épisode

Après Bathilde, la dynastie mérovingienne poursuit son histoire à travers ses fils.

Clotaire III règne en Neustrie et en Bourgogne.

Childéric II reçoit l’Austrasie.

Thierry III accédera lui aussi à la royauté.

Mais dans l’ombre des souverains, les maires du palais occupent désormais une place de plus en plus importante.

Parmi eux, un homme va devenir incontournable :

Ébroïn.

Son ascension, ses conflits avec l’aristocratie et les évêques et son influence sur la monarchie vont nous permettre de poursuivre une question qui traverse toute cette série :

qui gouverne réellement le royaume franc à la fin du VIIe siècle ?

Sources pour aller plus loin

  • Vita Domnae Balthildis (Vita Balthildis) — principale source ancienne consacrée à Bathilde, rédigée peu après sa mort.

  • Liber Historiae Francorum — source narrative importante pour l’histoire politique mérovingienne.

  • Vita Wilfridi d’Étienne de Ripon — particulièrement intéressante pour la tradition hostile à Bathilde.

  • Paul Fouracre et Richard A. Gerberding, Late Merovingian France: History and Hagiography, 640–720, Manchester University Press — traduction et étude de plusieurs sources essentielles de la période, dont la Vita Balthildis.

  • Isabel Moreira, Balthild of Francia: Anglo-Saxon Slave, Merovingian Queen, and Abolitionist Saint, Oxford University Press, 2024 — étude récente consacrée à Bathilde, à son gouvernement, à son rapport à l’esclavage et à la construction ultérieure de sa mémoire.

  • Josiane Barbier et Laurent Morelle, travaux consacrés à la fondation et aux premiers actes de l’abbaye de Corbie.

  • Travaux de Jean-Pierre Laporte consacrés à Chelles et à l’abbaye royale.

  • Études historiques consacrées aux reines mérovingiennes, à Bathilde, Chelles et Corbie disponibles notamment sur Persée.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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