LE MONDE AUX URNES : QUATRE ÉLECTIONS QUI RACONTENT LES TENSIONS DE NOTRE ÉPOQUE

Illustration générée par intelligence artificielle (OpenAI) pour L’École de Gwladys, 2026.

L’École de Gwladys — Géopolitique et actualité internationale

Brésil, Serbie, Bulgarie, Israël — Du 25 au 30 octobre 2026

INTRODUCTION — QUAND LES ÉLECTIONS DESSINENT LES RAPPORTS DE FORCE MONDIAUX

En quelques jours, quatre pays, répartis sur trois continents, ont été au cœur de rendez-vous électoraux majeurs.

Au Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva a obtenu un nouveau mandat présidentiel à l'issue d'un scrutin serré.

En Serbie, une mobilisation citoyenne portée par les étudiants s'est traduite par une victoire électorale majeure.

En Bulgarie, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle annoncent un duel décisif.

En Israël, les élections législatives ont laissé les principales forces politiques sans majorité suffisante pour gouverner seules.

Quatre pays, quatre situations, mais une interrogation commune :

Une élection peut-elle véritablement transformer l'équilibre politique d'un pays et, au-delà, les relations internationales ?

Car si les citoyens votent d'abord pour leur avenir national, leurs choix peuvent avoir des conséquences bien au-delà des frontières.

1. BRÉSIL — LULA RÉÉLU, MAIS UN PAYS TOUJOURS DIVISÉ

25 octobre 2026 — Élection présidentielle, second tour

Le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de l'élection présidentielle brésilienne.

D'après le Tribunal supérieur électoral, les résultats sont les suivants :

  • Luiz Inácio Lula da Silva : 51,79 %, soit 64 256 232 voix.

  • Flávio Bolsonaro : 48,21 %, soit 59 826 041 voix.

Ces pourcentages portent sur les suffrages valides.

Lula obtient ainsi un quatrième mandat présidentiel, après avoir dirigé le pays de 2003 à 2010, puis depuis 2023.

Une victoire qui révèle les fractures du pays

Avec seulement 3,58 points d'écart entre les deux candidats, le résultat témoigne d'une compétition particulièrement serrée.

Les débats autour du pouvoir d'achat, des inégalités sociales, de la sécurité et des institutions continuent de structurer les oppositions politiques.

Cette réélection garantit une certaine continuité à la politique présidentielle, sans effacer les divisions qui traversent la société brésilienne.

Pourquoi cette élection intéresse-t-elle le monde ?

Le Brésil occupe une position stratégique dans plusieurs domaines :

  • Il constitue l'une des principales puissances économiques d'Amérique latine.

  • Il entretient d'importantes relations commerciales avec la Chine et les États-Unis.

  • Il participe aux BRICS, un ensemble de pays cherchant notamment à renforcer leur poids dans la gouvernance économique mondiale.

  • Il abrite une grande partie de la forêt amazonienne, essentielle aux équilibres climatiques.

La réélection de Lula pose donc la question de la place du Brésil dans un environnement international marqué par la rivalité entre grandes puissances.

L'ENJEU GÉOPOLITIQUE

Comment le Brésil peut-il préserver son autonomie diplomatique tout en développant ses partenariats avec des puissances aux intérêts parfois opposés ?

2. SERBIE — QUAND LA CONTESTATION ÉTUDIANTE DEVIENT UNE FORCE POLITIQUE

25 octobre 2026 — Élections législatives anticipées

La Serbie connaît un bouleversement politique important.

Après une longue période de mobilisation citoyenne et étudiante, une liste soutenue par ce mouvement a remporté les élections législatives anticipées.

Selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale républicaine le 26 octobre :

  • Liste étudiante « Students Win » : 52,71 %.

  • Liste « Aleksandar Vučić – United Serbia » : 39,17 %.

Ces chiffres reposent sur le dépouillement de 97,56 % des bureaux de vote.

Point important : des irrégularités ou impossibilités d'établir les résultats ont conduit la Commission électorale à organiser un nouveau vote dans 53 bureaux le 1er novembre. Les résultats définitifs restent donc à confirmer.

De la rue aux institutions

Le mouvement étudiant s'est développé dans un contexte de contestation du fonctionnement des institutions et de demandes de responsabilité politique.

Sa réussite électorale illustre une transformation remarquable : une mobilisation initialement tournée vers la protestation devient une force susceptible d'exercer le pouvoir.

Mais gagner une élection et gouverner un pays constituent deux défis différents.

Le mouvement devra désormais démontrer sa capacité à :

  • Construire une équipe gouvernementale cohérente.

  • Définir des priorités économiques et sociales.

  • Répondre aux attentes des citoyens.

  • Engager d'éventuelles réformes institutionnelles.

Une précision essentielle s'impose : les élections concernent le Parlement serbe. Elles ne signifient pas, à elles seules, la fin du mandat présidentiel d'Aleksandar Vučić.

Une position géopolitique délicate

La Serbie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne.

Elle entretient néanmoins des relations diplomatiques et économiques importantes avec la Russie et la Chine.

Cette situation la place au carrefour de plusieurs influences.

Les orientations du futur gouvernement pourraient modifier ses priorités diplomatiques, mais aucun changement ne peut être considéré comme acquis avant les décisions politiques concrètes.

L'ENJEU GÉOPOLITIQUE

La victoire du mouvement étudiant permettra-t-elle un rapprochement plus affirmé avec l'Union européenne, ou la Serbie cherchera-t-elle à conserver sa politique d'équilibre entre plusieurs partenaires ?

3. BULGARIE — UNE PRÉSIDENTIELLE QUI INTERROGE LES ÉQUILIBRES EUROPÉENS

25 octobre 2026 — Élection présidentielle, premier tour

Les électeurs bulgares sont appelés à choisir leur président et leur vice-président.

D'après les résultats de la Commission électorale centrale :

  • Iliana Iotova, accompagnée de Kiril Valchev : 34,76 %.

  • Andrey Gyurov, accompagné de Georgi Kandev : 31,95 %.

Aucun tandem n'ayant remporté le scrutin dès le premier tour, un second tour opposera les deux candidatures le dimanche 1er novembre 2026.

Une présidente sortante face à un nouveau choix électoral

Iliana Iotova exerce déjà la présidence de la République depuis janvier 2026, à la suite de la démission de Rumen Radev.

L'élection actuelle doit donc déterminer si elle conservera cette fonction à l'issue d'un nouveau mandat électif.

Le faible écart entre les deux candidatures arrivées en tête laisse ouverte l'issue du second tour.

Pourquoi la Bulgarie occupe-t-elle une place stratégique ?

La Bulgarie est membre de l'Union européenne et de l'OTAN.

Située au sud-est du continent européen, à proximité de la mer Noire, elle occupe une position géographique importante dans les questions de sécurité régionale.

Ses responsables politiques doivent notamment composer avec :

  • Les engagements européens et atlantiques du pays.

  • Les enjeux énergétiques et économiques.

  • Les conséquences régionales de la guerre en Ukraine.

  • Les relations avec la Russie.

Dans le système institutionnel bulgare, le président n'exerce pas seul le pouvoir gouvernemental. Toutefois, ses responsabilités diplomatiques, ses compétences constitutionnelles et son rôle de représentation lui donnent une influence politique significative.

L'ENJEU GÉOPOLITIQUE

Le prochain mandat présidentiel modifiera-t-il les orientations diplomatiques de la Bulgarie ou confirmera-t-il les équilibres existants ?

4. ISRAËL — UNE ÉLECTION QUI NE DÉSIGNE PAS ENCORE DE MAJORITÉ GOUVERNEMENTALE

27 octobre 2026 — Élections législatives

Les Israéliens ont voté pour renouveler les 120 sièges de la Knesset, leur Parlement.

Le dépouillement achevé et communiqué le 30 octobre donne les répartitions suivantes :

Regroupement politiqueSiègesBloc favorable à Benjamin Netanyahu53Bloc opposé à Benjamin Netanyahu48Partis arabes19Total120

Le Likoud, dirigé par Benjamin Netanyahu, demeure le premier parti avec 27 sièges.

Ces regroupements permettent de comprendre les rapports de force, mais ne constituent pas trois alliances parlementaires automatiquement unifiées.

Les dernières vérifications et formalités officielles doivent encore être effectuées avant la publication définitive des résultats, prévue le 4 novembre.

La difficulté des coalitions

Pour disposer d'une majorité absolue à la Knesset, il faut réunir au moins 61 députés sur 120.

Or, aucun des deux principaux regroupements politiques ne dispose seul de cette majorité.

Les négociations deviennent donc déterminantes.

Différentes formations devront décider si elles souhaitent :

  • Participer à une coalition gouvernementale.

  • Soutenir un gouvernement sans nécessairement y entrer.

  • Rester dans l'opposition.

  • Négocier des accords sur certaines priorités politiques.

Le résultat électoral ne suffit donc pas à déterminer immédiatement l'identité et la composition du prochain gouvernement.

Une instabilité politique aux conséquences régionales

Cette période de négociations intervient dans un contexte particulièrement sensible.

Les conséquences de la guerre à Gaza, la situation en Cisjordanie, les enjeux sécuritaires et les relations avec les pays voisins demeurent au cœur des préoccupations.

Les orientations du futur gouvernement pourraient également influencer les relations avec les États-Unis et les perspectives diplomatiques régionales.

Il serait toutefois prématuré de prédire ces décisions avant la formation d'une nouvelle coalition.

L'ENJEU GÉOPOLITIQUE

Comment construire une majorité parlementaire suffisamment stable pour gouverner, alors que les choix politiques et sécuritaires d'Israël ont des répercussions sur l'ensemble du Moyen-Orient ?

5. QUATRE ÉLECTIONS, QUATRE VISAGES DE LA DÉMOCRATIE

Ces élections permettent d'observer quatre mécanismes politiques différents.

PaysPhénomène politiqueNotion à retenirBrésilRéélection d'un président dans un scrutin serréPolarisation politiqueSerbieVictoire électorale d'un mouvement issu de la contestationAlternance et mobilisation citoyenneBulgarieRecours à un second tour présidentielCompétition électoraleIsraëlAbsence de majorité parlementaire immédiateCoalition et régime parlementaire

Voter suffit-il à faire vivre une démocratie ?

Le vote constitue un élément fondamental de la démocratie, mais il ne suffit pas à lui seul à garantir son bon fonctionnement.

Une démocratie suppose également :

  • Le pluralisme politique.

  • Des élections libres et régulières.

  • Le respect des droits fondamentaux.

  • L'indépendance de la justice.

  • Le fonctionnement des institutions.

  • La possibilité d'une alternance pacifique.

Les quatre situations étudiées rappellent que la démocratie ne se résume pas à une victoire électorale.

Elle repose aussi sur la manière dont le pouvoir est exercé, contrôlé et transmis.

6. POURQUOI LES ÉLECTIONS NATIONALES INTÉRESSENT-ELLES LES AUTRES PAYS ?

Dans un monde interdépendant, les orientations politiques d'un État peuvent produire des effets internationaux.

Un changement de gouvernement peut influencer :

Les relations diplomatiques

Un nouvel exécutif peut privilégier certains partenaires ou rechercher de nouvelles alliances.

Les échanges économiques

Les décisions concernant le commerce, les investissements ou les ressources énergétiques peuvent affecter les partenaires étrangers.

La sécurité internationale

Les politiques de défense, les engagements militaires ou les négociations de paix peuvent évoluer.

Les organisations internationales

Les changements d'orientation nationale peuvent modifier les rapports de force au sein des institutions régionales et mondiales.

Il faut cependant distinguer deux temporalités : le résultat immédiat d'un scrutin et les transformations politiques qui peuvent en découler.

Une élection ouvre parfois la voie au changement. Elle n'en garantit ni la rapidité ni l'ampleur.

CONCLUSION — LES URNES CHANGENT-ELLES VRAIMENT LE MONDE ?

Du Brésil à Israël, en passant par la Serbie et la Bulgarie, ces quatre rendez-vous électoraux témoignent de situations politiques contrastées.

Au Brésil, les électeurs ont reconduit leur président.

En Serbie, un mouvement de contestation a remporté une victoire législative qui pourrait transformer les équilibres institutionnels.

En Bulgarie, le choix présidentiel définitif reste à venir.

En Israël, les résultats électoraux ouvrent une phase de négociations dont dépendra la composition du futur gouvernement.

Ces situations mettent en évidence une réalité essentielle : le résultat d'une élection ne constitue pas toujours l'aboutissement d'un processus politique. Il en représente souvent une nouvelle étape.

Les prochains jours et les prochaines semaines permettront de mesurer les conséquences réelles de ces scrutins.

Car les urnes peuvent modifier les rapports de force, ouvrir des possibilités inédites ou confirmer des orientations déjà engagées.

Mais c'est ensuite dans les institutions, les négociations et les décisions gouvernementales que se construit l'avenir politique.

Et parfois, l'avenir géopolitique de régions entières.

LE COIN DES CURIEUX — TROIS QUESTIONS POUR RÉFLÉCHIR

1. Une victoire électorale garantit-elle une majorité capable de gouverner ?

Appuyez-vous sur l'exemple israélien pour expliquer votre réponse.

2. Pourquoi la victoire d'un mouvement citoyen ne suffit-elle pas à garantir une transformation politique ?

Utilisez le cas serbe pour distinguer mobilisation, élection et exercice du pouvoir.

3. Pourquoi les élections au Brésil ou en Bulgarie peuvent-elles intéresser les autres puissances mondiales ?

Réfléchissez aux enjeux économiques, diplomatiques et stratégiques.

NOTIONS HGGSP À RETENIR

Démocratie — Souveraineté — Alternance — Régime parlementaire — Coalition — État de droit — Polarisation politique — Puissance — Relations internationales.

SOURCES ET RÉFÉRENCES

Les résultats et les éléments institutionnels ont été vérifiés à partir des sources suivantes :

Brésil

Tribunal supérieur électoral — Résultats du second tour présidentiel, 25 octobre 2026

Serbie

Commission électorale républicaine — Résultats provisoires du 26 octobre

Commission électorale républicaine — Nouveau vote prévu dans 53 bureaux le 1er novembre

Bulgarie

Commission électorale centrale — Résultats du premier tour présidentiel

Présidence de la République — Entrée en fonction d'Iliana Iotova, janvier 2026

Israël

Commission électorale centrale — Résultats des élections à la 26e Knesset

The Times of Israel — Répartition des sièges annoncée le 30 octobre 2026

Article actualisé au 30 octobre 2026. Les résultats serbes, le second tour bulgare et les dernières formalités de validation des résultats israéliens appellent un suivi.

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Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice, coach scolaire et écrivaine publique, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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