Féliciter son enfant : et si on valorisait autre chose que les notes ?
« J’ai eu 16 ! »
« Bravo ! »
La réponse vient presque automatiquement.
Mais que dire à l’enfant qui rentre avec 9/20, alors qu’il avait 6/20 à l’évaluation précédente ?
Que dire à celui qui n’a pas encore une bonne note, mais qui, pour la première fois, a appris son cours plusieurs jours à l’avance ? À celle qui a enfin osé lever la main ? À celui qui a recommencé un exercice qu’il ne comprenait pas au lieu d’abandonner ?
Bien sûr, les notes ont leur importance. Elles donnent une indication sur ce qui est acquis et ce qui reste à travailler.
Mais elles ne racontent pas toute l’histoire.
Derrière une note, il y a parfois un progrès invisible
Imaginons deux élèves.
Le premier obtient 15/20 sans avoir beaucoup travaillé.
Le second passe de 6 à 9/20 après avoir modifié sa méthode, repris ses erreurs et travaillé régulièrement.
Qui faut-il féliciter ?
Les deux, probablement.
Mais pas nécessairement pour la même chose.
Le 15 mérite d’être reconnu.
Et les trois points gagnés par le second aussi.
Parce que si nous attendons uniquement la « bonne note » pour reconnaître les progrès d’un enfant, nous risquons de passer à côté de tout ce qui est en train de se construire avant qu’elle n’arrive.
Féliciter, oui. Mais pour quoi ?
Les recherches sur les apprentissages et le retour donné aux élèves invitent à s’intéresser aux stratégies utilisées, aux progrès réalisés et aux actions sur lesquelles l’élève peut agir, plutôt qu’à lui attribuer simplement une qualité générale.
Il y a une différence entre dire :
« Tu es vraiment doué en maths ! »
et :
« Tu ne comprenais pas cet exercice hier. Tu l’as repris, tu as cherché ton erreur et aujourd’hui tu sais le faire. »
Dans le premier cas, on attribue la réussite à ce que l’enfant est.
Dans le second, on l’aide à comprendre ce qu’il a fait pour progresser.
Et cette information lui sera beaucoup plus utile la prochaine fois qu’il rencontrera une difficulté.
Les petites victoires scolaires comptent aussi
Un progrès ne se voit pas toujours immédiatement sur le bulletin.
Cela peut être :
commencer ses devoirs sans qu’on ait besoin de le rappeler trois fois ;
apprendre une leçon autrement qu’en la relisant ;
demander de l’aide lorsqu’on ne comprend pas ;
refaire un exercice raté ;
préparer son sac seul ;
participer pour la première fois en classe ;
obtenir 10 après plusieurs notes en dessous de la moyenne ;
réussir à travailler vingt minutes avec une vraie concentration.
Aucune de ces réussites ne garantit un 18/20 au prochain contrôle.
Mais elles peuvent être les étapes qui permettront d’y arriver.
Attention aux compliments automatiques
Valoriser son enfant ne signifie pas non plus le féliciter pour absolument tout.
Un compliment vague ou systématique finit par perdre une partie de son sens.
L’enfant sait très bien s’il a travaillé ou non.
Dire « C’est formidable ! » devant un résultat obtenu sans effort particulier n'a pas la même valeur qu'une remarque précise sur un véritable progrès.
On peut simplement observer :
« J’ai vu que tu t’y es pris plus tôt cette fois-ci. »
« Tu avais beaucoup d’erreurs au premier exercice et tu as réussi à les corriger seul. »
« Ta note n’est pas encore celle que tu voudrais, mais ta méthode a changé. On va voir ce que cela donne sur les prochains contrôles. »
Ce ne sont pas des compliments distribués gratuitement.
Ce sont des retours précis.
Et quand la note est mauvaise ?
On peut reconnaître l’effort sans nier le résultat.
Un 7/20 reste un 7/20.
Mais la première question n’est pas obligatoirement :
« Comment as-tu pu avoir 7 ? »
On peut commencer par chercher à comprendre :
« Qu’est-ce qui t’a posé problème ? »
Puis :
« Qu’est-ce que tu pourrais essayer différemment la prochaine fois ? »
La mauvaise note devient alors une information à analyser, plutôt qu’un verdict sur les capacités de l’enfant.
Et cela n’empêche absolument pas d’être exigeant.
Au contraire.
Regarder le chemin autant que le résultat
À l’école, nous regardons beaucoup les résultats.
C’est normal.
Mais entre deux bulletins, un enfant peut avoir accompli quantité de petites choses que personne ne mesure.
Il peut être devenu plus autonome.
Plus persévérant.
Il peut avoir découvert une méthode qui lui convient mieux.
Il peut enfin avoir compris une notion qui lui résistait depuis trois semaines.
Alors, lorsqu’une note arrive, regardons-la.
Mais prenons aussi quelques secondes pour regarder le chemin parcouru pour l’obtenir.
Parce qu’un élève a besoin de savoir ce qu’il doit améliorer.
Mais il a également besoin de comprendre ce qu’il est déjà en train d’apprendre à faire mieux.
L’École de Gwladys
Parce qu’un élève mérite d’être compris avant d’être évalué.

