Au diable Vauvert ! Mais où est donc cette destination ?

Illustration : Stone Town à Zanzibar, boutre sur l’océan Indien, portes sculptées, clous de girofle et carte situant l’archipel au large de la Tanzanie.

Crédit : création IA — L’École de Gwladys.

« Pourquoi dit-on “au diable Vauvert” ? »

On ne le dirait probablement plus avec beaucoup de tendresse, mais l’expression est savoureuse. Elle signifie : partir très loin, dans un endroit perdu, presque inaccessible.

Mais ce fameux Vauvert, existe-t-il vraiment ?

Verdict : oui… et même deux fois !

Le Vauvert qui a le plus souvent donné naissance à l’expression se trouvait à Paris, au sud de la ville, près de l’actuel jardin du Luxembourg. Au Moyen Âge, un château y fut abandonné. Dans le voisinage, les carrières souterraines et le vent auraient produit des bruits étranges. De quoi alimenter les histoires de fantômes, de démons et de diables.

Le lieu était si mal réputé que l’on disait volontiers qu’il était habité par le diable. Au XIIIe siècle, Louis IX le donna aux Chartreux : une façon très efficace de rendre l’endroit un peu moins infernal.

Avec le temps, « aller au diable Vauvert » a quitté Paris pour prendre le sens que nous lui connaissons : aller extrêmement loin, dans un coin que personne n’a envie d’atteindre avant l’heure du dîner.

Et le Vauvert du Gard, alors ?

Lui aussi existe bel et bien ! Située en Petite Camargue, entre Nîmes et les étangs, la commune de Vauvert est très réelle — et, rassurons tout le monde, nul besoin de traverser les flammes pour y arriver.

Certains récits locaux relient également l’expression à cette ville, qui était une étape sur les chemins de pèlerinage et où l’on jouait des « diableries », ces spectacles religieux mettant volontiers le diable en scène. L’origine parisienne reste toutefois la plus souvent retenue.

Une expression qui a fait beaucoup de chemin

Ainsi, Vauvert n’est ni un pays imaginaire ni une destination inventée pour envoyer quelqu’un promener. C’est un vrai nom de lieu, devenu une formule parfaite pour parler d’un endroit très lointain.

La prochaine fois que vous direz : « C’est au diable Vauvert ! », vous saurez qu’il y a, derrière cette phrase, un château mystérieux, des légendes médiévales… et un clin d’œil à notre Gard.

Prochaine destination…

Trifouillis-les-Oies.

Illustration : voyage coloré, panneau « Prochaine visite… Au diable Vauvert ! », valise, carte, carnet, petit diable malicieux et village imaginaire.

Crédit : création IA — L’École de Gwladys.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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