Brunehaut et Frédégonde : les deux reines qui se disputent le royaume franc

Brunehaut à gauche, dans la lumière froide de l’Austrasie ;

Frédégonde à droite, dans les ombres de la Neustrie.

Entre elles, les royaumes francs divisés, les héritiers mérovingiens et une lutte de pouvoir qui marquera près d’un demi-siècle.

Illustration créée par intelligence artificielle.

À la mort de Clotaire Ier, en 561, ses quatre fils se partagent le royaume des Francs. Comme après la disparition de Clovis, chacun reçoit une part du territoire, des richesses et de l’autorité royale.

Ce partage devait préserver les droits de tous les héritiers. Il ouvre pourtant une nouvelle période de guerres familiales.

Dans l’affrontement qui oppose bientôt Sigebert, roi d’Austrasie, à son frère Chilpéric, roi de Neustrie, deux femmes occupent une place centrale : Brunehaut et Frédégonde.

Pendant des siècles, elles ont été présentées comme deux reines cruelles, jalouses et assoiffées de pouvoir. L’une aurait voulu venger sa sœur assassinée ; l’autre aurait éliminé tous ceux qui menaçaient son fils. Leur histoire est effectivement marquée par les complots, les trahisons et les meurtres.

Mais elle ne se résume pas à une querelle entre deux femmes.

Brunehaut et Frédégonde furent aussi des reines capables de gouverner, de négocier, de commander et de défendre les droits de leurs descendants. Pour comprendre leur affrontement, il faut donc regarder au-delà de la légende noire et revenir au monde violent dans lequel elles ont vécu.

Brunehaut à gauche et Frédégonde à droite. Illustration créée par intelligence artificielle. Aucun portrait authentique de ces deux reines ne nous est parvenu : nous ignorons donc à quoi elles ressemblaient réellement. Leurs visages et cette scène constituent une reconstitution imaginaire inspirée du contexte historique du VIe siècle.

Un royaume partagé entre quatre frères

À la mort de Clotaire Ier, ses fils se répartissent les territoires francs :

  • Charibert reçoit notamment Paris et une partie de l’ouest de la Gaule ;

  • Gontran règne sur un ensemble centré autour d’Orléans et de la Bourgogne ;

  • Sigebert reçoit l’Austrasie, à l’est du royaume ;

  • Chilpéric gouverne un territoire qui formera progressivement la Neustrie, au nord-ouest.

Ces royaumes ne ressemblent pas encore à des États dotés de frontières précises. Le pouvoir repose sur la personne du roi, sur ses domaines, son trésor, ses guerriers et les fidélités qu’il parvient à conserver.

Malgré les partages, l’héritage de Clovis demeure pensé comme un ensemble. Lorsqu’un roi meurt sans héritier, ses frères cherchent aussitôt à récupérer ses terres. C’est ce qui se produit en 567, à la mort de Charibert.

Ses territoires sont divisés entre Gontran, Sigebert et Chilpéric. À partir de ce moment, les rivalités deviennent plus fortes. Chaque frère veut agrandir sa part, contrôler les villes les plus riches et préparer la succession de ses enfants.

C’est dans ce contexte que Brunehaut et Frédégonde entrent dans l’histoire.

Brunehaut, une princesse wisigothe à la cour des Francs

Vers 566, Sigebert épouse Brunehaut, également appelée Brunehilde. La jeune femme est la fille d’Athanagild, roi des Wisigoths d’Espagne.

Cette union apporte à Sigebert le prestige d’une alliance avec une autre dynastie royale. Brunehaut arrive dans le royaume franc accompagnée d’une réputation favorable. Grégoire de Tours, évêque et chroniqueur contemporain, souligne sa dignité, son intelligence et la qualité de son éducation.

Brunehaut appartient alors au christianisme arien, suivi par une partie des Wisigoths. En épousant Sigebert, elle se convertit au christianisme nicéen professé par les rois francs et les évêques de Gaule.

Son mariage ne fait pas d’elle une simple épouse chargée de donner des héritiers au roi. En tant que princesse étrangère, elle possède ses propres relations diplomatiques et une véritable expérience de la vie de cour. Elle devient rapidement une figure importante du royaume d’Austrasie.

Cette alliance prestigieuse provoque également la jalousie de Chilpéric.

Frédégonde, de la domesticité royale au trône

Contrairement à Brunehaut, Frédégonde n’est pas née princesse. Ses origines restent obscures, mais les sources la présentent comme issue de la domesticité du palais de Chilpéric.

Elle a donc probablement grandi ou travaillé dans l’entourage de la famille royale. Elle en connaît les habitudes, les rivalités et les dangers.

Chilpéric a déjà été marié à Audovère, dont il a plusieurs enfants. Mais Frédégonde devient sa compagne et gagne progressivement son affection. Son ascension est exceptionnelle : une femme qui n’appartient pas à une grande dynastie parvient à s’imposer au cœur du pouvoir mérovingien.

Chilpéric désire cependant conclure, lui aussi, un mariage royal. Il demande la main de Galswinthe, la sœur aînée de Brunehaut.

Le roi wisigoth Athanagild accepte cette union, à condition que sa fille soit reconnue comme la seule épouse légitime de Chilpéric. Le roi promet donc de se séparer des autres femmes de son entourage.

Vers 567, Galswinthe quitte l’Espagne et rejoint la cour de Neustrie.

Le mariage qui devait rapprocher les deux royaumes va déclencher une guerre de plusieurs décennies.

Le meurtre de Galswinthe

Peu de temps après son arrivée, Galswinthe demande à retourner dans son pays. Elle se plaint du comportement de Chilpéric et de la place que Frédégonde continue d’occuper auprès de lui.

Puis la jeune reine est retrouvée morte dans son lit, étranglée.

Grégoire de Tours accuse directement Chilpéric d’avoir ordonné son assassinat. La tradition a également fait de Frédégonde l’instigatrice du meurtre. Pourtant, aucun document ne permet de connaître avec certitude le rôle exact qu’elle a joué.

Une chose est sûre : après la mort de Galswinthe, Chilpéric épouse Frédégonde.

Pour Brunehaut, l’affaire est à la fois familiale et politique. Sa sœur a été tuée, mais les terres qui lui avaient été offertes lors de son mariage sont également menacées. La reine d’Austrasie exige donc justice et réclame la restitution de l’héritage de Galswinthe.

Gontran tente d’abord de jouer le rôle d’arbitre entre ses frères. Une assemblée décide que les villes offertes à Galswinthe devront revenir à Brunehaut.

Chilpéric accepte difficilement cette décision. Les tensions territoriales s’ajoutent au désir de vengeance et aux ambitions personnelles.

La guerre entre Sigebert et Chilpéric devient presque inévitable.

Deux frères en guerre

Pendant plusieurs années, les armées de Sigebert et de Chilpéric s’affrontent. Des villes passent d’un camp à l’autre. Les alliances changent et les populations subissent les pillages, les sièges et les déplacements de troupes.

En 575, la situation semble tourner à l’avantage de Sigebert. Chilpéric est en grande difficulté et plusieurs de ses fidèles abandonnent son camp.

Sigebert se rend à Vitry, où il doit être élevé sur le pavois et reconnu comme roi par les guerriers de son frère. Sa victoire paraît proche.

Mais deux hommes parviennent à l’approcher et le frappent avec leurs armes. Sigebert meurt assassiné.

Selon Grégoire de Tours, les meurtriers ont été envoyés par Frédégonde. Cette accusation est devenue l’un des éléments les plus célèbres de sa légende noire. Elle reste toutefois difficile à vérifier à partir d’autres sources.

La mort de Sigebert renverse immédiatement la situation.

Brunehaut se retrouve veuve, prisonnière de Chilpéric et séparée de son fils, Childebert. Celui-ci n’a qu’environ cinq ans. Des fidèles de Sigebert réussissent cependant à l’emmener en Austrasie, où il est proclamé roi sous le nom de Childebert II.

En sauvant l’enfant, ils sauvent également le royaume de Sigebert.

Le mariage inattendu de Brunehaut

Prisonnière à Rouen, Brunehaut pourrait être enfermée dans un monastère ou condamnée à disparaître de la vie politique. Elle choisit pourtant une solution particulièrement audacieuse.

Elle épouse Mérovée, l’un des fils que Chilpéric a eus avec Audovère.

Cette union fait de Brunehaut l’épouse du fils de son ennemi. Elle pourrait aussi permettre à Mérovée de revendiquer une partie du royaume de son père avec l’appui de l’Austrasie.

Chilpéric considère ce mariage comme une rébellion. Mérovée est poursuivi, tonsuré, enfermé, puis contraint de fuir. Il meurt en 577 dans des circonstances confuses, après avoir demandé à l’un de ses compagnons de lui donner la mort pour ne pas tomber vivant entre les mains de ses ennemis.

Brunehaut parvient finalement à rejoindre l’Austrasie. Elle y retrouve son fils, mais son retour ne signifie pas qu’elle contrôle immédiatement le gouvernement. Les grands du royaume veulent exercer l’autorité au nom du jeune Childebert et se méfient d’une reine énergique, entourée de ses propres fidèles.

Brunehaut doit donc reconquérir progressivement sa place.

584 : Frédégonde devient à son tour une reine veuve

En 584, Chilpéric est assassiné à Chelles au retour d’une partie de chasse.

L’identité du meurtrier et les raisons du crime restent inconnues. Plusieurs hypothèses ont été avancées, mais aucune ne peut être considérée comme certaine. Contrairement à ce qu’affirment certaines légendes, rien ne permet de prouver que Frédégonde ait organisé la mort de son époux.

La reine vient alors de donner naissance à un fils, le futur Clotaire II.

L’enfant n’a que quelques mois. Ses frères aînés sont morts et, sans protection, il pourrait être écarté de la succession ou tué. La propre survie de Frédégonde dépend également de celle de son fils.

Elle place donc l’enfant sous la protection de Gontran, le frère de Chilpéric. Le vieux roi reconnaît son neveu et lui permet de conserver le royaume de Neustrie.

Frédégonde gouverne désormais au nom de Clotaire II.

La situation de Brunehaut et celle de Frédégonde deviennent alors étonnamment semblables. Toutes deux sont veuves. Toutes deux défendent les droits d’un fils encore trop jeune pour régner seul. Toutes deux doivent négocier avec les nobles, les évêques et les chefs militaires qui cherchent à profiter de la minorité du roi.

Leur pouvoir ne correspond pas exactement à une régence organisée selon des règles écrites. Il repose sur leur statut de reine mère, sur leur proximité avec l’héritier, sur leurs richesses et sur les réseaux de fidélité qu’elles réussissent à former.

Évocation de Frédégonde protégeant son fils Clotaire II et recherchant l’appui du roi Gontran après l’assassinat de Chilpéric, en 584. Illustration créée par intelligence artificielle. Aucun portrait authentique des personnages ne nous est parvenu ; leurs visages, le décor et la mise en scène sont donc imaginés à partir du contexte historique.

Des reines qui gouvernent réellement

Réduire Brunehaut et Frédégonde au rôle d’intrigantes ferait oublier une réalité essentielle : ces femmes ont exercé une véritable autorité politique.

Elles peuvent envoyer des ambassadeurs, intervenir dans la nomination des évêques, distribuer des terres, lever des troupes et participer aux décisions militaires. Leur position reste fragile, mais leurs contemporains reconnaissent leur capacité à gouverner.

Frédégonde s’emploie avant tout à préserver le royaume de son fils. Elle conserve le trésor de Chilpéric, s’entoure de fidèles et résiste aux offensives de l’Austrasie. Les sources lui attribuent plusieurs complots et assassinats. Certaines accusations sont plausibles dans le contexte extrêmement violent de l’époque ; d’autres reposent uniquement sur des récits hostiles ou difficiles à vérifier.

Brunehaut développe une action politique plus longue et mieux documentée. Elle soutient son fils Childebert II, entretient des relations avec l’Espagne wisigothe, l’Empire byzantin et la papauté. Elle favorise également des établissements religieux et cherche à renforcer l’autorité royale face aux grandes familles aristocratiques.

En 587, Gontran et Childebert II concluent le traité d’Andelot, avec le soutien de Brunehaut. Cet accord organise leur succession mutuelle et apporte une période d’apaisement entre l’Austrasie et la Bourgogne.

Évocation des négociations entourant le traité d’Andelot, conclu en 587 entre Gontran et Childebert II, avec le soutien de Brunehaut. Illustration créée par intelligence artificielle. Le traité est historiquement attesté, mais les visages, le décor et la scène représentée sont une interprétation imaginaire.

À la mort de Gontran, en 592, Childebert II hérite de son royaume. Brunehaut se retrouve ainsi au centre d’un ensemble politique considérable.

Une lettre que le pape Grégoire le Grand lui adresse en 602 montre le respect dont elle peut bénéficier. Le pape la traite comme une souveraine et salue notamment la fondation d’une église, d’un monastère et d’un établissement d’accueil à Autun. Ce témoignage contraste fortement avec le portrait de reine monstrueuse transmis par certaines chroniques postérieures.

Évocation de Brunehaut à Autun vers 602, examinant les plans des établissements religieux et charitables qu’elle a fondés. Illustration créée par intelligence artificielle : aucun portrait authentique de la reine ne nous étant parvenu, son visage, le décor et la scène représentée sont imaginés à partir du contexte historique.

Deux femmes prises dans une violence dynastique

Brunehaut et Frédégonde ne sont pas des souveraines pacifiques injustement accusées de tous les crimes. Elles participent à des luttes brutales et utilisent les moyens politiques de leur temps.

Mais elles évoluent dans un monde où les rois, les princes et les grands aristocrates font eux aussi assassiner leurs rivaux, emprisonner leurs parents ou ravager les territoires ennemis.

La violence n’est pas propre aux femmes. Pourtant, lorsqu’une reine exerce le pouvoir, les chroniqueurs la décrivent plus facilement comme cruelle, perfide ou dévorée par l’ambition.

Frédégonde est particulièrement maltraitée par Grégoire de Tours. L’évêque a personnellement connu Chilpéric et sa cour, mais il entretenait de mauvaises relations avec le roi de Neustrie. Son témoignage est indispensable, tout en restant celui d’un homme d’Église engagé dans les conflits de son époque.

Brunehaut bénéficie d’un portrait plus favorable chez Grégoire de Tours. Après sa mort, la situation s’inverse. La chronique dite de Frédégaire, rédigée plusieurs décennies plus tard, la présente comme responsable de presque toutes les catastrophes survenues dans sa famille.

Or cette chronique est écrite dans un monde dominé par les vainqueurs de Brunehaut.

L’histoire des deux reines nous est donc parvenue à travers des textes qui ne sont jamais neutres.

La mort de Frédégonde ne met pas fin au conflit

Frédégonde meurt en 597. Son fils Clotaire II a alors environ treize ans et peut progressivement gouverner par lui-même.

Brunehaut lui survit pendant seize années.

Après la mort soudaine de Childebert II, en 596, ses deux fils se partagent ses royaumes. Théodebert II reçoit l’Austrasie et Thierry II la Bourgogne. Brunehaut continue d’intervenir dans le gouvernement au nom de ses petits-fils.

Mais son autorité provoque des résistances. Une partie des grands d’Austrasie supporte de moins en moins cette reine qui cherche à contrôler les nominations, les charges et les ressources du royaume.

Les deux frères finissent par s’affronter. En 612, Thierry II bat Théodebert II, qui est capturé puis tué. Les récits postérieurs accusent Brunehaut d’avoir encouragé cette guerre fratricide, mais son rôle exact reste discuté.

Thierry meurt à son tour en 613, probablement de maladie.

Brunehaut tente alors de faire reconnaître son arrière-petit-fils, Sigebert II. Elle espère gouverner avec lui et maintenir l’héritage de sa famille.

Mais plusieurs grands d’Austrasie et de Bourgogne l’abandonnent. Ils négocient avec Clotaire II, le fils de Frédégonde, qui avance avec son armée.

Privée de soutiens, Brunehaut est capturée.

Le supplice de Brunehaut

Clotaire II organise le jugement de son ennemie. Brunehaut est accusée d’être responsable de la mort de nombreux membres de la dynastie mérovingienne.

Le procès sert surtout à légitimer sa condamnation et à faire disparaître la dernière personne capable de défendre les droits de la branche austrasienne.

Selon la chronique de Frédégaire, Brunehaut est torturée pendant plusieurs jours, exhibée devant l’armée, puis attachée à un cheval lancé au galop. Son corps est ensuite brûlé.

Les détails de ce supplice spectaculaire proviennent d’un récit particulièrement hostile. Il est donc difficile de savoir exactement comment l’exécution s’est déroulée. Sa dimension politique ne fait cependant aucun doute : Clotaire II veut humilier publiquement la reine vaincue et détruire son autorité jusque dans les mémoires.

En 613, le fils de Frédégonde réunit sous son pouvoir les principaux royaumes francs.

Frédégonde est morte depuis longtemps, mais son héritier a remporté la lutte dynastique.

Deux reines monstrueuses ou deux femmes de pouvoir ?

Brunehaut et Frédégonde ne se sont probablement jamais affrontées seules, comme deux héroïnes placées face à face. Leur conflit passe par leurs époux, leurs fils, leurs petits-fils, les armées, les évêques et les familles aristocratiques.

Il ne s’agit pas davantage d’une simple histoire de jalousie amoureuse.

Le meurtre de Galswinthe a certainement créé une blessure personnelle profonde. Mais la lutte concerne aussi des territoires, des trésors, des alliances et, surtout, la survie de deux lignées royales.

Brunehaut et Frédégonde savent qu’une reine veuve privée d’héritier peut tout perdre. Elle peut être enfermée dans un monastère, exilée, mariée de force ou assassinée. Défendre leur fils revient donc à défendre leur propre existence.

Cela ne justifie pas tous leurs actes. Cela permet cependant de les replacer dans leur époque.

Frédégonde a utilisé la peur, la fidélité de ses partisans et probablement la violence pour maintenir Clotaire II sur le trône. Brunehaut a tenté, pendant près de quarante ans, de conserver l’autorité au sein de sa famille et de renforcer la royauté. Toutes deux ont dû faire preuve d’une énergie exceptionnelle pour survivre dans un univers politique qui ne leur accordait aucune sécurité.

Leur histoire révèle enfin la place réelle des femmes dans les royaumes mérovingiens. Une reine ne portait pas seulement des bijoux et ne restait pas silencieuse auprès de son époux. Elle pouvait posséder des domaines, entretenir des réseaux, négocier avec les souverains étrangers et gouverner au nom d’un enfant.

C’est peut-être cette puissance qui a tant dérangé les chroniqueurs.

Repères chronologiques

  • 561 : mort de Clotaire Ier et partage de son royaume entre ses quatre fils.

  • Vers 566 : mariage de Sigebert avec Brunehaut.

  • 567 : mort de Charibert et nouveau partage de ses territoires.

  • Vers 567-568 : mariage de Chilpéric avec Galswinthe, puis assassinat de la jeune reine.

  • 575 : assassinat de Sigebert ; Childebert II devient roi d’Austrasie.

  • 576 : mariage de Brunehaut avec Mérovée, fils de Chilpéric.

  • 584 : assassinat de Chilpéric ; Frédégonde protège les droits de son fils Clotaire II.

  • 587 : traité d’Andelot entre Gontran et Childebert II.

  • 592 : mort de Gontran ; Childebert II hérite de son royaume.

  • 596 : mort de Childebert II et partage entre ses fils.

  • 597 : mort de Frédégonde.

  • 613 : capture et exécution de Brunehaut ; Clotaire II réunit les royaumes francs.

Ce qu’il faut retenir

Brunehaut et Frédégonde furent bien davantage que les épouses de deux rois ennemis.

Brunehaut était une princesse wisigothe devenue reine d’Austrasie. Après la mort de Sigebert, elle défendit successivement les droits de son fils, de ses petits-fils et de son arrière-petit-fils.

Frédégonde, issue d’un milieu beaucoup plus modeste, réussit à devenir reine de Neustrie. À la mort de Chilpéric, elle sauva le trône de son fils Clotaire II et gouverna en son nom.

Le meurtre de Galswinthe déclencha une crise familiale et politique, mais la guerre entre les deux camps fut aussi une lutte pour les territoires et la succession au royaume franc.

Les récits de Grégoire de Tours et de la chronique de Frédégaire sont essentiels, mais ils transmettent un regard moral et politique souvent hostile. Les accusations de meurtre doivent donc être présentées avec prudence.

Ces deux femmes ne furent ni des saintes ni les monstres décrits par la légende. Elles furent des souveraines plongées dans un monde violent, où exercer le pouvoir signifiait souvent lutter pour sa survie et celle de ses enfants.

Sources et références

Prochain épisode : Clotaire II, le fils de Frédégonde qui réunifie le royaume franc




Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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