Tous les trente-six du mois : quand le calendrier perd la tête !

Illustration originale générée par intelligence artificielle avec OpenAI pour L’École de Gwladys — © L’École de Gwladys, 2026.

Ces expressions qui nous font voyager dans le temps — Saison 2, épisode 5

« Il vient nous rendre visite tous les trente-six du mois ! »

Voilà une phrase que nous avons probablement tous entendue au moins une fois.

Et pourtant, si vous ouvrez votre calendrier pour y chercher ce fameux trente-sixième jour, vous risquez d'y passer un certain temps !

Car, jusqu'à preuve du contraire, aucun mois de notre calendrier ne compte trente-six jours.

Alors, pourquoi avoir choisi ce nombre ? Et comment une date totalement imaginaire est-elle devenue une expression de notre langue française ?

Aujourd'hui, nous partons à la découverte d'un calendrier qui n'a jamais existé !

Une date impossible… pour parler de ce qui arrive rarement

Commençons par le commencement.

L'expression « tous les trente-six du mois » signifie « très rarement », voire « jamais ».

Elle permet d'évoquer un événement exceptionnel, une habitude presque inexistante ou une situation qui ne se produit pratiquement pas.

Par exemple :

« Mon frère range sa chambre tous les trente-six du mois ! »

Autrement dit, inutile de vérifier chaque matin : l'événement mérite presque une photographie lorsqu'il se produit !

La formule repose sur une impossibilité évidente : nos mois comptent 28, 29, 30 ou 31 jours.

Jamais trente-six.

Et c'est précisément cette absurdité qui fait tout le charme de l'expression.

Mais pourquoi trente-six ?

Voilà une excellente question !

Dans la langue française, le nombre trente-six possède une particularité amusante : il est régulièrement utilisé pour représenter une quantité importante, indéterminée ou exagérée.

Nous le retrouvons dans de nombreuses expressions :

  • « Voir trente-six chandelles » : être ébloui ou étourdi.

  • « Faire trente-six choses à la fois » : multiplier les activités.

  • « Il n'y a pas trente-six solutions » : les possibilités sont limitées.

  • « Être au trente-sixième dessous » : être extrêmement abattu.

Dans toutes ces formules, le nombre trente-six ne doit pas être pris au pied de la lettre.

Il sert à renforcer une idée, à amplifier une situation ou à lui donner une dimension excessive.

Avec « tous les trente-six du mois », notre langue va encore plus loin : elle transforme ce nombre en une date qui ne peut tout simplement pas exister !

Pourquoi précisément trente-six plutôt que trente-cinq ou trente-sept ?

Aucune explication historique unique ne permet de l'affirmer avec certitude.

Ce que nous savons, en revanche, c'est que ce nombre s'est solidement installé dans nos expressions populaires.

Une expression déjà utilisée au XIXe siècle

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, cette formule n'est pas une invention récente.

On la retrouve notamment dans la littérature française du XIXe siècle.

En 1876, l'écrivain Fortuné du Boisgobey l'utilise dans son roman Les Mystères du nouveau Paris pour évoquer une personne que l'on aperçoit très rarement.

La formule était donc déjà suffisamment familière pour apparaître dans un dialogue de roman.

Et c'est précisément ce qui rend les expressions populaires si intéressantes !

Elles circulent d'abord dans les conversations, passent d'une génération à l'autre, puis finissent parfois par trouver leur place dans les livres et les dictionnaires.

Aujourd'hui, le Dictionnaire de l'Académie française reconnaît toujours cette expression familière.

Preuve que notre fameux trente-sixième jour a réussi à traverser les siècles… sans jamais apparaître dans le calendrier !

Le saviez-vous ?

Nos voisins européens possèdent eux aussi des expressions étonnantes pour parler d'événements qui n'arrivent presque jamais.

En anglais, on dit « once in a blue moon », littéralement « une fois lors d'une lune bleue ».

Une façon poétique d'évoquer quelque chose de très rare !

Et en portugais, on rencontre également l'image du « 31 février », une autre date impossible.

Décidément, lorsqu'il s'agit de parler de ce qui n'arrive jamais, les langues ne manquent pas d'imagination !

Une petite nuance à connaître

Attention toutefois !

« Tous les trente-six du mois » ne signifie pas nécessairement que quelque chose ne se produira absolument jamais.

L'expression peut simplement souligner une fréquence extrêmement faible.

« Il téléphone tous les trente-six du mois » ne veut pas forcément dire qu'il ne téléphone jamais.

Cela signifie surtout que ses appels sont suffisamment rares pour être remarqués !

C'est cette nuance qui distingue notre expression de certaines autres formules de la saison, davantage associées à des événements impossibles.

Le petit mot de la fin

Avec « tous les trente-six du mois », notre langue française nous offre une belle démonstration de son sens de l'exagération.

Un nombre symbolique, une date impossible et voilà une expression qui traverse les générations !

Finalement, nous n'avons pas besoin d'inventer de nouveaux calendriers pour faire voyager notre imagination.

Et entre nous, si les mois comptaient réellement trente-six jours, je ne suis pas certaine que tout le monde apprécierait cinq journées supplémentaires avant de recevoir son salaire !

Et vous, qui fait quelque chose « tous les trente-six du mois » dans votre entourage ?

Au prochain épisode…

Illustration originale générée par intelligence artificielle avec OpenAI pour L’École de Gwladys — © L’École de Gwladys, 2026.

« Ce n'est pas demain la veille ! »

Encore une expression qui joue avec le temps… mais cette fois, il n'est plus question d'inventer une date !

Pourquoi associer demain et la veille pour parler d'un événement qui n'est pas près de se produire ?

Derrière cette formule du quotidien se cache une jolie subtilité de notre langue.

Rendez-vous pour notre prochain voyage dans le temps !

L'École de Gwladys — Parce que les mots ont aussi une histoire à raconter.

Gwladys VAZQUEZ

Préceptrice et coach scolaire, fondatrice de L’École de Gwladys.

https://www.lecoledegwladys.fr
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